Le mathématicien et défenseur du patrimoine architectural Nicusor Dan, 50 ans, soutenu par son parti USR-Plus et par les libéraux (PNL) au pouvoir, est crédité de 47% des voix, contre 39% pour la maire sortante de gauche, Gabriela Firea, une ancienne journaliste âgée de 48 ans, selon ce sondage CURS-Avangarde.

Les candidats de centre droit sont aussi arrivés en tête dans quatre des six arrondissements de Bucarest, selon la même source.

"Nous allons commencer à moderniser l'administration, je vous appelle tous à être nos partenaires dans la reconstruction de Bucarest", a lancé M. Dan après la clôture des urnes.

"Nous avons remporté une victoire claire (...) et réussi à libérer Bucarest de la pieuvre représentée par les sociaux-démocrates", a pour sa part déclaré le Premier ministre libéral Ludovic Orban, qui dirige un gouvernement minoritaire.

L'USR-Plus, jeune alliance bâtie autour du combat de M. Dan contre la corruption et la spéculation immobilière à Bucarest, a créé la surprise en obtenant également un tiers des sièges de conseillers municipaux de la capitale.

Ce bon score devrait ouvrir la voie vers une alliance avec les libéraux en vue des élections législatives prévues début décembre.

Métropole de trois millions d'habitants, Bucarest représentait l'enjeu majeur des municipales, scrutin à un seul tour lors duquel 43.000 sièges au total étaient à pourvoir.

Alors que ce pays connaît un forte recrudescence du coronavirus qui faisait craindre une abstention record, le taux de participation a finalement été comparable à celui de 2016, soit environ 46%.

Avec 4.700 décès dus au Covid-19 recensés à ce jour et une moyenne de 1.400 nouveaux cas quotidiens, soit quatre fois plus que ce pays de 19 millions d'habitants n'avait enregistré au plus fort de la pandémie, la Roumanie figure parmi les pays les plus touchés en Europe.

Contrôles de température, désinfectant hydroalcoolique, parcours protégé pour les personnes vulnérables - les autorités ont pris des mesures pour rassurer l'électorat et prévenir le risque de contamination.

Arrêter l'exode des jeunes 

"Depuis trente ans j'attends un changement. J'aimerais pouvoir respirer un air plus pur, voir moins d'embouteillages et surtout j'aimerais que les conditions de vie s'améliorent pour que les jeunes ne quittent plus le pays", a confié à l'AFP Mihaela, 46 ans, une consultante en marketing déplorant que son fils s'apprête à emboîter le pas des quelque 4 millions de Roumains qui travaillent en Europe de l'Ouest.

Marin Alexandru, un menuisier à la retraite, est lui aussi allé voter de bonne heure "pour que les jeunes aient un avenir meilleur. J'ai travaillé dur toute ma vie et aujourd'hui, à 73 ans, j'ai une retraite de misère", dit-il à l'AFP.

A l'échelle nationale, les libéraux étaient crédités de six à huit points d'avance sur les sociaux-démocrates (PSD) par les sondages pré-électoraux.

Après avoir dominé la scène politique depuis la chute du communisme fin 1989, le PSD a vu sa cote de confiance s'effriter à la suite d'une réforme controversée de la justice qu'il avait lancée en 2017.

Mais il dispose toujours selon les observateurs d'une forte implantation dans les campagnes et compte sur un électorat discipliné, souvent à la merci des "barons locaux", ces élus quasi-inamovibles dont dépend l'octroi d'aides sociales ou de marchés publics.

Les premiers résultats officiels seront publiés lundi.