Le second tour des élections municipales françaises se tient ce dimanche dans toute la France. 

Ce second tour est organisé avec des précautions sanitaires exceptionnelles dues à l'épidémie de Covid-19 : port du masque obligatoire dans les bureaux de vote, gel hydroalcoolique et priorité aux personnes vulnérables pour voter.

Le suspense est fort dans quelques-unes des plus grandes villes - Lyon, Marseille, Toulouse, Montpellier, Strasbourg, Lille... -, principalement sous la poussée des écologistes. Au Havre, le Premier ministre Edouard Philippe, qui a voté dès 8H15, joue aussi son avenir à Matignon.

Ces municipales se tiennent à la veille d'une séquence cruciale pour le président Emmanuel Macron, qui a voté vers midi au Touquet avant de s'offrir un bain de foule, sans masque. Le chef de l'Etat pourrait, dans les jours qui viennent, procéder à un remaniement et préciser son intention affichée de "se réinventer" pour les deux dernières années de son mandat. Dès lundi, il reçoit à l'Elysée les membres de la Convention citoyenne sur le climat.

Grandes villes dans la balance

A la différence des autres grandes villes, l'incertitude est faible à Paris, où la sortante Anne Hidalgo (PS) a contenu au premier tour ses partenaires d'EELV en endossant elle-même un programme résolument écolo. Avec autour de 44% d'intentions de vote, elle devance largement ses concurrentes LR Rachida Dati et LREM Agnès Buzyn.

Pour La République en Marche, le jour du vote est celui de la fin du calvaire : peu de ses candidats sont bien placés et la campagne au rabais ne leur a guère permis de se faire connaître.

Au Havre, Edouard Philippe est crédité de 53% d'intentions de vote (Ifop). Mais l'importance de l'enjeu peut mobiliser les abstentionnistes du premier tour.

Droite et gauche pour confirmer, les Verts pour percer

Très affaiblis au plan national, le Parti socialiste et Les Républicains se sont refait une santé localement. Le PS est en capacité de conserver ses bastions - Paris, Nantes, Rennes, Dijon - et devrait retrouver le niveau qui était le sien après la perte de très nombreuses villes en 2014.

Les Républicains ont quant à eux confirmé leur implantation en remportant dès le premier tour bon nombre des villes de plus de 9.000 habitants qu'ils contrôlaient. Mais une défaite à Marseille, que la droite détient depuis 25 ans, ou à Toulouse, la quatrième ville de France, aurait une forte résonance politique.

Parmi les forts enjeux de ce scrutin: les candidats EELV, portés par la vague écologiste, visent plusieurs grandes villes, dont Grenoble, Lyon, Strasbourg, Toulouse, Besançon. Pour les Verts, qui ont longtemps servi de force d'appoint, il s'agit aussi de s'affirmer comme les premiers à gauche avant les prochaines échéances électorales.

A Marseille, deuxième ville de France, la gauche a créé la surprise en passant en tête le 1er tour avec la coalition du Printemps marseillais, talonnée par Martine Vassal (LR) qui est adoubée par le sortant Jean-Claude Gaudin.

Principal adversaire d'Emmanuel Macron au plan national, le Rassemblement national reporte ses espoirs sur Perpignan après un premier tour mitigé. En cas de victoire, ce serait la première ville de plus de 100.000 habitants contrôlée par le parti depuis 1995.

"C'est un tournant... cette fois ça va être très juste", prévoit Karim, 59 ans, ex-militant PS, dreadlocks et t-shirt rouge frappé de son prénom.

Les conseillers municipaux, élus pour six ans, se réuniront ensuite du vendredi 3 au dimanche 5 juillet pour élire les maires et leurs adjoints.