À 22h34 précises, heure de l'attentat commis le 14 juillet 2016 par le Franco-Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel à Nice sud-est de la France, 86 faisceaux lumineux ont illuminé le ciel au-dessus de la promenade des Anglais mardi pour un hommage poignant aux 86 victimes. Elles ont été fauchées par le conducteur d'un poids-lourds qui a été abattu ensuite par les policiers. Dans une ville profondément marquée par cet attentat qui avait également fait, selon le Fonds de garantie des victimes, 267 blessés et 1.627 traumatisés, des dizaines de Niçois se sont réunis, alors qu'un haut-parleur diffusait le titre du chanteur Calogero "Les feux d'artifice", sous la voûte formée par ces 86 faisceaux se rejoignant dans le ciel.


Quelques proches de victimes avaient pris place dans une tribune disposée face à la promenade des Anglais, sous les faisceaux, séparés du public par une barrière. Parmi eux, l'écrivain Thierry Vimal, qui a perdu sa fille Amie, 12 ans, dans l'attentat, et raconté son épreuve dans un livre, "19 tonnes" (le tonnage du camion utilisé ce soir de l'été 2016).

Alors que le mois dernier le parquet antiterroriste a demandé un procès aux assises pour les neuf personnes qui ont été en relation avec l'auteur de l'attentat, notamment pour fourniture d'armes, Thierry Vimal, membre également de l'association de victimes Promenade des Anges, a déploré pour sa part le manque d'avancées, selon lui, de l'enquête ouverte à Nice pour "mise en danger de la vie d'autrui" et élargie à "homicides et blessures involontaires".

Cette enquête concerne le dispositif de sécurité mis en place ce soir-là pour protéger les 30.000 personnes venues assister ce 14 juillet 2016 au feu d'artifice tiré sur la promenade des Anglais.

Le groupe Etat islamique avait diffusé une revendication de l'attentat, jugée probablement opportuniste par les enquêteurs qui n'ont trouvé aucun élément reliant l'organisation au tueur. Ils estiment toutefois que Lahouaiej Bouhlel, psychologiquement instable et fasciné par l'ultraviolence, a toutefois pu être influencé par les appels récurrents aux meurtres lancés par l'EI, qui préconisait ce mode opératoire.