L'ex chef de l'Etat a été reconnu coupable de corruption et de trafic d'influence, tout comme les deux autres prévenus jugés à ses côtés. Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis (donc un an ferme), dans l'affaire dite "des écoutes", née en 2014 d'interceptions téléphoniques avec son avocat historique Thierry Herzog. Nicolas Sarkozy devient ainsi le deuxième ancien président condamné sous la Ve République, après Jacques Chirac en 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Jugés aux côtés de l'ex-chef de l'Etat, Thierry Herzog est reconnu coupable de "violation du secret professionnel" et Gilbert Azibert est reconnu coupable de "recel de violation du secret professionnel". "Ils avaient parfaitement conscience du caractère frauduleux de leurs agissements.", a déclaré la présidente du tribunal.

Le tribunal correctionnel a estimé qu'un "pacte de corruption" avait été conclu entre l'ex-président aujourd'hui âgé de 66 ans, Me Thierry Herzog et l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert, également condamnés à trois ans de prison dont un ferme.

A la lecture du jugement, Nicolas Sarkozy est rapidement sorti de la salle d'audience, sans commentaires auprès des journalistes présents.

Vers un procès en appel 

La peine d'un an ferme déclarée à l'encontre de Nicolas Sarkozy pourra surement être aménagée. La présidente du tribunal a évoqué le port d'un bracelet électronique et la détention à domicile à la place de l'enfermement, mais l'ex-président va faire appel de la décision, a annoncé son avocate, quelques heures après le jugement.


Nicolas Sarkozy "est calme est déterminé à poursuivre la démonstration de son innocence" dans cette affaire, a déclaré Maître Jacqueline Laffont, sur BFMTV. La décision de ce jour suscite "l'incompréhension" et leur "indignation", selon la pénaliste. 

Thierry Herzog, avocat historique de Nicolas Sarkozy et condamné lundi comme l'ex-président à trois ans d'emprisonnement dont un ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes", a fait appel, ont annoncé ses avocats à l'AFP. "L'appel est suspensif sur toutes ces dispositions. Nous sommes plus déterminés que jamais à obtenir la relaxe de Me Herzog qui est présumé innocent", ont déclaré Hervé Temime et Paul-Albert Iweins.

Même chose pour Gilbert Azibert. Le troisième prévenu a aussi fait appel, a indiqué son avocat sur BFMTV. 

Le 8 décembre, le parquet national financier (PNF) avait requis contre Nicolas Sarkozy quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme, en estimant que l'image présidentielle avait été "abîmée" par cette affaire aux "effets dévastateurs".

M. Sarkozy était accusé d'avoir tenté d'obtenir en 2014, par l'entremise de Me Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert, alors haut magistrat, dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l'affaire Bettencourt. Des informations qui devaient être délivrées par le magistrat en échange d'un coup de pouce pour un poste de prestige à Monaco.

Devant le tribunal, ses avocats avaient fait valoir qu'in fine, Nicolas Sarkozy n'avait pas eu gain de cause devant la Cour de cassation et que Gilbert Azibert n'avait jamais eu de poste à Monaco. Selon la loi, il n'est cependant pas nécessaire que la contrepartie ait été obtenue, ni que l'influence soit réelle, pour caractériser les délits de corruption et de trafic d'influence.

L'ex-président n'en a pas fini avec la justice. Le 17 mars s'ouvrira le procès dans l'affaire Bygmalion, portant sur les frais de la campagne présidentielle de 2012.