Reconnu coupable de corruption et de trafic d'influence, l'ex-président français Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis, dans l'affaire dite "des écoutes". Jugeant le verdict injuste, il a directement annoncé qu'il faisait appel de la décision du tribunal. Il était l'invité de Gilles Bouleau ce mercredi soir lors du JT de TF1 pour s'exprimer sur cette condamnation. Amer, Nicolas Sarkozy a répété qu'il était victime d'un " acharnement" dans cette affaire. " Malheureusement, je suis habitué à subir ce harcèlement depuis dix ans", a-t-il directement lancé, "Dix ans que des moyens considérables sont mis en oeuvre pour absolument trouver quelque chose à me reprocher".


L'ancien président a été condamné sur base d'une multitudes d'indices graves concomitants, ce qui pour lui ne suffit pas. " En 2021, on peut condamner quelqu'un sans l'ombre d'une preuve", a-t-il défendu. Trois semaines d'audience ont été menées pour décider de la condamnation, durant lesquelles Sarkozy affirme avoir répondu à toutes les questions et " montré sa bonne foi sur tous les points". Mais selon lui, le jugement ne reflète en rien tout cela: " Dans le jugement, on a l'impression qu'il n'y a pas eu trois semaines d'audience [...] Il y a des règles, et il n'y a pas de raisons qu'elles soient bafouées car il s'agit de moi".

Plusieurs fois au cours de l'interview, l'ex-président a répété qu'il subissait une injustice: "Est-il normal d'être condamné quand il n'y a pas de preuves, pas un centime échangé? Quand, après une enquête de sept ans, il n'y a rien?", a-t-il déclaré, ajoutant qu'on lui "prête une démarche" (celle d'avoir conclu "un pacte de corruption" avec son avocat Thierry Herzog et l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert) qu'il n'avait "jamais eue". "On me condamne donc pour une intention". Toujours aussi remonté, il a notamment précisé une nouvelle fois qu'il se "battrait jusqu'au bout": "Je suis venu dire aux Français que je ne baisserai pas la tête [...] Je ferai face à toutes mes responsabilités. Mais je n'ai jamais trahi la confiance des Français. J'irai jusqu'au bout, car je n'ai jamais supporté l'injustice. La vérité explosera un jour".


Nicolas Sarkozy a également réaffirmé sa décision de ne plus revenir en politique, car il a tourné la page selon ses mots.