Podemos, le parti de gauche radicale au pouvoir en Espagne, a réclamé jeudi une commission d'enquête parlementaire sur des "soupçons de blanchiment" visant l'ancien roi Juan Carlos, à la suite d'informations de presse sur l'ouverture d'une enquête en Suisse. "Nous allons travailler pour créer une commission d'enquête (parlementaire) sur les activités présumées corrompues de Juan Carlos de Bourbon", a indiqué sur Twitter Pablo Echenique, dirigeant de cette formation ouvertement républicaine qui est entrée en janvier dans un gouvernement de coalition avec les socialistes du Premier ministre Pedro Sanchez.

Plusieurs petits partis de gauche ou indépendantistes catalans ont emboîté le pas de Podemos en réclamant eux aussi cette commission.

Podemos avait déjà demandé avant d'être au pouvoir la formation d'une telle commission, mais s'était heurté au refus des socialistes et de la droite. Juan Carlos est protégé par son immunité durant ses années à la tête de l'Etat (novembre 1975 à juin 2014).

Le quotidien suisse La Tribune de Genève a affirmé mardi que Juan Carlos avait reçu, en 2008, 100 millions de dollars de la part du roi d'Arabie saoudite Abdallah sur le compte en Suisse d'une entité panaméenne dont il était l'unique bénéficiaire.

En 2012, une partie de cette somme, 65 millions d'euros, a été donnée par le roi à son ancienne maîtresse, Corinna zu Sayn-Wittgenstein, toujours selon ce quotidien.

Citant des sources proches du dossier, la Tribune de Genève a affirmé que ces transactions étaient au centre d'une enquête pénale ouverte en 2018 à Genève (Suisse) pour "soupçons de blanchiment d'argent aggravé".