La Russie a dénoncé mardi "les actions irréfléchies" et la décision "profondément décevante" des Européens visant à déclencher le processus de règlement des différends prévu par l'accord international sur le nucléaire iranien datant 2015. "Nous n'excluons pas que les actions irréfléchies des Européens puissent conduire à une nouvelle escalade autour de l'accord sur le nucléaire iranien et rendent impossible sa mise en oeuvre dans le cadre initialement convenu", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Moscou a souligné ne voir "aucune raison pour une telle démarche". "Le mécanisme de règlement des différends a été créé à des fins totalement différentes. Les raisons de la difficulté de la mise en oeuvre de l'accord sont largement connues et ne sont pas liées à l'Iran", mais aux États-Unis, qui se sont retirés unilatéralement du texte en 2018 et ont imposé de nouvelles sanctions contre Téhéran, a plaidé la diplomatie russe. Selon Moscou, le programme nucléaire iranien "reste sous le contrôle constant de l'AIEA, sans précédent par son ampleur et sa profondeur de vérification".

"Malgré tous les défis, l'accord sur le nucléaire iranien n'a pas perdu de sa pertinence. Nous défendons sa mise en oeuvre systématique et conformément aux paramètres convenus" en 2015, a poursuivi la diplomatie russe, exhortant les Européens à "ne pas aggraver la situation".

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, cosignataires de l'accord de 2015, ont activé mardi la procédure de règlement des différends prévue dans le texte en cas de violation des engagements. Le 5 janvier, Téhéran avait annoncé la "cinquième et dernière phase" de son plan de réduction de ses engagements, en riposte à la sortie des États-Unis de l'accord en 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines qui étranglent son économie.