Le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, a affirmé mardi que l'UE était prête à négocier "jusqu'à la fin de l'année et au-delà" un accord post-Brexit avec le Royaume-Uni, selon plusieurs sources européennes.

Lors d'un point sur les négociations avec les ambassadeurs des Etats membres de l'UE, le Français a également souligné qu'il avait rejeté une offre récente de Londres sur la pêche, sujet qui reste le principal point d'achoppement des pourparlers.

"Nous sommes vraiment au moment décisif: nous fournissons un dernier effort (aux négociations). Dans 10 jours, le Royaume-Uni quittera le marché unique, et je continuerai de travailler en toute transparence" avec les Vingt-Sept et les eurodéputés, a-t-il déclaré à Bruxelles avant de faire un point sur les négociations avec des représentants des Etats membres.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se sont une nouvelle fois parlé lundi soir, alors que les négociations semblent toujours dans l'impasse avec le risque accru d'un "no deal" aux lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie de coronavirus.

Après avoir informé les Etats membres, Michel Barnier se livrera au même exercice mardi soir avec les eurodéputés qui suivent ce dossier.

Un éventuel accord doit théoriquement être ratifié par le Parlement européen pour qu'il puisse entrer en vigueur le 1er janvier, mais les eurodéputés, qui avaient fixé une date-butoir dimanche dernier, considèrent qu'il est désormais trop tard.

Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, s'est refusé lundi soir à donner une échéance: "Je ne fixerai pas de date car nous donnons quelques heures, quelques jours, une chance à un bon accord (...) et si c'est possible, c'est mieux d'avoir un bon accord qu'un no deal".

L'appel entre Mme von der Leyen et Boris Johnson a eu lieu alors que la presse britannique s'est fait l'écho d'une nouvelle proposition de Londres sur la pêche, moins stricte que la précédente, mais celle-ci est encore jugée insuffisante par Bruxelles, selon des sources européennes. Un ballon d'essai, semble-t-il, plus qu'une réelle proposition, affirme l'une de ces sources.

Bien que d'un faible poids économique, la pêche a une importante politique et sociale pour plusieurs Etat membres, dont la France et les Pays-Bas, et le Royaume-Uni en a fait le symbole de sa souveraineté retrouvée après le divorce avec l'Union européenne, qui sera effectif le 31 décembre à 23H00 GMT.

Boris Johnson a répété lundi soir que les conditions d'un "no deal" "seraient plus que satisfaisantes pour le Royaume-Uni".