Plusieurs milliers de manifestants, beaucoup portant les couleurs rouges et blanches de l'opposition, ont afflué dans le centre-ville, ceint d'un important dispositif policier et où plusieurs stations de métro étaient fermées.

Des journalistes travaillant avec l'AFP ont vu des policiers, portant des cagoules dissimulant leurs visage, attraper des manifestants avant des les emmener dans des fourgons de police.

Alexandre Loukachenko, qui exclut de démissionner, a multiplié les déclarations martiales, ayant par exemple assuré que la police tirerait bientôt à balles réelles ou demandant la semaine dernière aux forces de l'ordre de "ne pas faire de prisonniers".

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Viasna, plus de 530 manifestants ont été arrêtés à Minsk et quelques autres villes dimanche. Une dizaine de journalistes figurent parmi eux, ainsi que des sportifs, comme le médaillé olympique de décathlon Andrei Krauchanka, ou Miss Bélarus 2008, Olga Jinikova, selon le média indépendant Tut.by.

Depuis trois mois, les opposants à Alexandre Loukachenko se réunissent chaque dimanche dans la capitale pour l'appeler à la démission après l'élection présidentielle contestée du 9 août, marquée par des accusations de fraudes massive. Ils demandent au président au pouvoir depuis 1994 de céder la place à son adversaire de l'élection présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, qui a dû fuir à l'étranger comme les principales figures de l'opposition dans les semaines ayant suivi l'élection pour échapper à la répression.

Samedi, l'opposante a félicité Joe Biden pour son élection à la Maison Blanche. "C'était une vraie course d'idées, de programmes et d'équipes à la différence du Bélarus, où les voix ont simplement été volées", a-t-elle déclaré. Elle a ajouté croire que "le nouveau président des Etats-Unis rencontrera bientôt le président justement élu d'un Bélarus nouveau et libre", soulignant que Joe Biden avait "plusieurs fois pris des positions fermes en soutien au peuple bélarusse".