L'agence européenne de contrôle des frontières Frontex a annoncé dimanche avoir déployé des renforts et relevé son niveau d'alerte à la frontière gréco-turque, où des milliers de migrants tentent d'entrer dans l'UE.

"Nous (...) avons remonté le niveau d'alerte pour toutes les frontières avec la Turquie à élevé", a déclaré une porte-parole de Frontex dans un communiqué diffusé à Bruxelles. "Nous avons reçu une demande d'aide supplémentaire de la Grèce. Nous avons déjà pris des mesures pour redéployer de l'équipement technique et des agents supplémentaires en Grèce", a-t-il ajouté.

La Grèce a annoncé dimanche avoir bloqué l'entrée sur son territoire de près de 10.000 migrants en 24 heures en provenance de Turquie, a-t-on appris de source gouvernementale.

De samedi matin à 06h00 (05h00 HB) à la même heure dimanche matin, "9.972 entrées illégales ont été empêchées dans la région d'Evros", ont indiqué les autorités grecques dans un communiqué de presse daté du poste frontalier de Kastanies, dans le nord-est de la Grèce.

Samedi soir, l'Onu avait chiffré à au moins 13.000 le nombre de migrants massés le long des quelque 200 km de frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie.

Au moins 2.000 migrants supplémentaires sont arrivés dimanche dans la zone frontalière entre la Turquie et la Grèce, marchant à travers des champs en direction du point de passage de Pazarkule (Kastanies, côté grec), ont constaté des journalistes de l'AFP.

De petits groupes de Syriens, d'Afghans et d'Irakiens notamment, dont des femmes et des enfants, affluaient, marchant en file indienne au bord d'une route, sac sur le dos ou sur la tête.

La Turquie a affirmé vendredi qu'elle avait ouvert ses frontières terrestres et maritimes pour laisser passer les migrants, réveillant en Europe la crainte d'une nouvelle crise migratoire semblable à celle qui a secoué le continent en 2015.

Les Nations unies appellent au calme

Les Nations unies ont appelé dimanche au calme et à ne pas utiliser une force "excessive" contre les milliers de migrants qui affluent à la frontière gréco-turque pour tenter d'entrer dans l'Union européenne. L'agence des réfugiés de l'Onu "appelle au calme et au relâchement des tensions à la frontière". "Les Etats ont certes le droit légitime de contrôler leurs frontières et de gérer les mouvements irréguliers, mais ils devraient se retenir d'user d'une force excessive et disproportionnée et mettre en place un système permettant de faire une demande d'asile de manière ordonnée", a écrit un porte-parle du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), Babar Baloch, dans un email à l'AFP.

M. Baloch a expliqué que le personnel du HCR se trouvant dans les provinces turques d'Izmir, Canakkale et Edirne (ouest) "surveille les mouvements accrus de personnes, évalue leur situation (et) fournit une assistance humanitaire lorsque c'est nécessaire". L'opération, qui se fait en coordination avec le Croissant rouge turc, l'OIM et l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance), consiste également à informer les migrants et réfugiés en déplacement des risques qu'ils peuvent rencontrer "en essayant de traverser illégalement la frontière, par mer ou par terre", selon le porte-parole. Le HCR appelle également les demandeurs d'asile à "respecter la loi et se retenir de créer des situations perturbant l'ordre public et la sécurité aux frontières et ailleurs".