"C'est le résultat d'une forme de harcèlement": Marjorie, une adolescente de 17 ans a été tuée à coups de couteau vendredi à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) sur fond de rivalités sur les réseaux sociaux, a-t-on appris de sources concordantes.

Peu de temps après le drame, l'auteur présumé, âgé de 15 ans, a été interpellé à Massy (Essonne), a appris l'AFP auprès du parquet de Créteil et d'une source proche de l'enquête. Sa mère vivait dans cette ville située à une quinzaine de kilomètres d'Ivry-sur-Seine, au sud de Paris, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

Le meurtre a eu lieu vendredi en fin d'après-midi sur l'esplanade centrale de la cité Pierre-et-Marie-Curie, un quartier de grandes tours et barres d'immeubles. Vers 21H00, le corps de la victime, placé dans une housse noire, était déposé dans un véhicule de la police scientifique, a constaté une journaliste de l'AFP.

Selon les premiers éléments, l'homicide est lié à une rivalité née sur les réseaux sociaux, a expliqué une source policière.

"Ma soeur n'était pas une délinquante, elle était juste venue régler un problème lié à ma petite soeur. Elle était venue apaiser la situation", assure auprès de l'AFP Cynthia, 33 ans, grande soeur de Marjorie.

Keïra et Aicha, 14 ans, deux amies de la petite soeur de Marjorie, ajoutent: le suspect "avait créé un groupe snapchat le matin même" au sujet de la petite soeur de l'adolescente. "Marjorie n'a pas apprécié qu'on parle mal de sa petite soeur. Elle est venue en bas de la tour", où vit le père du suspect, et "a frappé" le jeune homme.

"Il est remonté chez lui, a pris un couteau et l'a plantée en plein coeur", décrivent ces jeunes filles d'un ton détaché.

Le suspect est quelqu'un "d'un peu excité, qui se fait beaucoup remarquer, c'est un peu la star de la cité", poursuivent-elle. Selon elles, "il avait été exclu l'année dernière du collège".

Rixes mortelles

Le maire PCF d'Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou a indiqué à l'AFP que la victime avait "voulu tenter une médiation entre le jeune homme qui s'en était pris violemment à la petite soeur de l'adolescente sur les réseaux sociaux".

"C'est le résultat d'une forme de harcèlement sur les réseaux sociaux", a-t-il déploré. "Je suis profondément triste et choqué que ce genre d'embrouille puisse déboucher sur un tel drame", a-t-il ajouté, expliquant avoir adressé "tout son soutien" à la mère de la victime.

La police judiciaire du Val-de-Marne est en charge de l'enquête.

En mars, dans le Val-d'Oise un autre département d'Ile-de-France, une collégienne de 14 ans avait été violemment battue puis jetée dans la Seine lors d'un différend avec deux camarades de sa classe d'Argenteuil. Les deux collégiens, mis en examen pour assassinat, faisaient l'objet d'une procédure disciplinaire pour harcèlement de la victime.

L'adolescente avait vu son téléphone piraté et des photos d'elle en sous-vêtements diffusées sur Snapchat.

L'Ile-de-France est également touché par le phénomène des rivalités entre bandes de jeunes, avec des affrontements fréquents mais rarement mortels. En février dans l'Essonne deux adolescents avaient été tués lors de deux rixes distinctes et en janvier le jeune Yuriy avait été passé à tabac à Paris.

Après ces drames, le gouvernement avait annoncé l'adoption d'un plan de lutte pour tenter d'endiguer ce phénomène pas nouveau mais qui a trouvé une nouvelle caisse de résonance avec les réseaux sociaux.