Des associations ont dénoncé une nouvelle fois des "méthodes humiliantes des pouvoirs publics". "Trois opérations de mise à l'abri des migrants présents à Calais sur le terrain de la Roselière, sur le site du Virval ainsi que sur le terrain Calypso, ont été conduites après des évacuations, réalisées par les forces de l'ordre sur la base juridique de la flagrance", a précisé dans un communiqué la préfecture, affirmant que "ces opérations se sont déroulées dans le calme."

"Préalablement à ces opérations, de nouvelles maraudes avaient été effectuées sur ces sites pour proposer aux migrants intéressés une mise à l'abri dans différentes structures d'hébergement du département", a-t-elle ajouté.

Un peu plus tôt, l'association l'Auberge des migrants et le collectif Human Rights Observers ont dénoncé une nouvelle fois dans un communiqué des "méthodes choquantes" et des "comportements abusifs" des équipes d'intervention, en publiant des vidéos prises par des bénévoles datées du début du mois.

Sur l'une d'elle, datée du 8 décembre à Grande-Synthe (Nord), on voit un membre de l'équipe de nettoyage, encadré par des forces de l'ordre, lacérer une tente dans un bois tandis qu'il y a toujours quelqu'un à l'intérieur.

Les deux associations avancent que depuis le 1er janvier, "plus de 900 expulsions ont été recensées à Calais, plus de 80 expulsions à Grande-Synthe", "exhortant les pouvoirs publics à mettre fin à cette politique inhumaine de traque et d'expulsion" sur une zone où se concentrent depuis des années des migrants tentant le passage vers la Grande-Bretagne.

Avec sept autres associations et 11 exilés, l'Auberge des migrants a assigné le préfet devant le Tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer pour une opération d'expulsion le 29 septembre qu'elles estiment illégale. L'audience, renvoyée une première fois, doit se tenir le 16 décembre.