Un groupe d’extrême gauche turc dans le viseur des autorités grecques.

Plus d’une vingtaine de ressortissants étrangers ont été interpellés ce jeudi 19 mars à Athènes après un raid antiterroriste au cours duquel une cache d’armes lourdes a été découverte, a annoncé la direction de la police grecque. "L’opération a eu lieu à Sepolia et Exarchia", quartiers du centre de la capitale, selon un communiqué de la police.

La police antiterroriste grecque, aidée des services secrets, est descendue dans deux appartements où ils ont découvert "un tunnel et de l’armement lourd", qui d’après la presse locale appartiendrait à un groupe d’extrême gauche turc.

Ce groupe, le Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a mené plusieurs attaques sporadiques, figure sur la liste des groupes extrémistes de la Turquie, des États-Unis et de l’Union européenne.

Neuf personnes, soupçonnées d’avoir appartenu à ce groupe, avaient été arrêtées en Grèce en 2017 avant une visite officielle du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Elles avaient été détenues pendant des mois avant d’être libérées l’année dernière, la justice jugeant qu’elles n’étaient que des réfugiés politiques.

Une opération similaire en novembre 2019

La police grecque avait déjà mené une opération de ce type au mois de novembre dernier. Trois personnes avaient alors été arrêtées et des armes, dont un fusil utilisé dans des attentats par des groupes armés d’extrême gauche, saisies.

L’un des groupes visés au mois de novembre dernier était l’Organisation d’autodéfense révolutionnaire. Le groupuscule avait revendiqué une attaque à la grenade contre l’ambassade de France à Athènes, le 10 novembre 2016. L’explosion de la grenade avait légèrement blessé aux jambes le policier grec de faction, n’infligeant que des dégâts matériels mineurs. La même organisation avait aussi revendiqué des tirs contre l’ambassade du Mexique à Athènes, en juillet 2014.

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a martelé depuis son arrivée au pouvoir sa "détermination à mettre un terme définitif et irréversible au problème du terrorisme national". Les attentats visant des établissements publics, radiotélévisions, banques ou représentations diplomatiques sont récurrents en Grèce depuis des années, imputés à des mouvements d’extrême gauche ou anarchistes grecs. (AFP)