La justice européenne a donné raison jeudi à l'indépendantiste catalan emprisonné Oriol Junqueras sur son immunité d'élu européen et l'Espagne aurait dû le laisser sortir de prison pour siéger au Parlement européen. Si la justice espagnole jugeait nécessaire de le maintenir en détention provisoire, elle aurait dû "demander dans les plus brefs délais la levée de cette immunité au Parlement européen", indique l'arrêt rendu par la Cour de Justice de l'UE (CJUE), basée à Luxembourg.

Oriol Junqueras, condamné en octobre 2019 à treize ans de prison pour sédition, a été élu le 26 mai député européen et bénéficiait depuis ce jour de l'immunité attachée à cette qualité, affirme la justice européenne. A cette date, il était en détention provisoire et la Cour suprême espagnole avait refusé de le laisser sortir de prison pour participer le 2 juillet à la session constitutive du parlement européen.

L'arrêt de la Cour de Justice donne tort à la Cour suprême espagnole. "Les personnes qui, comme M. Junqueras, sont élues membres du Parlement européen, bénéficient, dès la proclamation des résultats, de l'immunité de trajet attachée à leur qualité de membre et prévue à l'article 9, deuxième alinéa, du protocole", affirme l'arrêt.

"Le bénéfice de l'immunité de trajet garantie à tout membre du Parlement européen implique de lever toute mesure de placement en détention provisoire qui aurait été imposée antérieurement à la proclamation de son élection, afin de lui permettre de se rendre et de prendre part à la session constitutive du Parlement européen", ajoute l'arrêt.

Cette décision sur l'immunité "vaut pour tous les élus européens, et donc pour les deux autres indépendantistes élus en mai" Carles Puigdemont, l'ex-président régional indépendantiste de Catalogne, et Toni Comin qui résident en Belgique, a précisé la Cour à l'AFP.