Les chefs de groupe socialiste (S&D) et des Verts/ALE ont notamment exprimé jeudi leur incompréhension quant à un maintien du déplacement vers Strasbourg. Selon le traité sur le fonctionnement de l'UE, le Parlement européen doit se réunir en plénière 12 fois sur l'année à Strasbourg. Des "mini-plénières" sont aussi organisées à Bruxelles.

Depuis l'envolée du coronavirus en Europe cependant, le Parlement a fortement limité les déplacements jugés inutilement risqués, et les dernières plénières ont eu lieu à Bruxelles dans un format modifié, avec entre autres une présence minimale sur place et des votes à distance.

En juillet, alors que les contaminations baissaient, le Parlement a décidé de revenir à Strasbourg en septembre (14-17 septembre), mais toujours avec un format hybride permettant la participation et les votes à distance.

La présidente des S&D, le deuxième groupe politique du Parlement européen, a cependant écrit au président de l'assemblée, David Sassoli, pour exprimer ses "préoccupations et doutes". "Dans les circonstances actuelles, nous pensons qu'il ne faut pas prendre un risque supplémentaire de propagation du virus en autorisant que des centaines de députés et de membres du personnel se rendent à Strasbourg", écrit Iratxe García. Cela veut dire que de nombreuses personnes quitteraient la "zone rouge" bruxelloise pour se diriger vers une zone où le nombre de contaminations est en augmentation.

Le co-président des Verts/ALE, Philippe Lamberts, partage cet avis. "Déplacer des centaines de personnes vers Strasbourg n'est pas la meilleure idée pour le moment. Le Parlement européen doit montrer l'exemple et tenir sa plénière à Bruxelles", lance-t-il jeudi sur Twitter. S'il n'y a pas de changement, son groupe politique n'enverra qu'une présence en "absolu minimum" sur place.

Le président de l'assemblée David Sassoli a indiqué jeudi soir sur Twitter qu'il attend l'évaluation des autorités françaises quant à la situation sanitaire à Strasbourg.