Les quelque 21 000 étudiants de la Maastricht University se sont retrouvés ce 31 août pour la rentrée officielle, après un été des plus tumultueux. Pas d’accolades, désormais interdites, mais à première vue, une rentrée plutôt ordinaire. Si ce n’est qu’après l’annuelle INKOM (semaine d’introduction) organisée du 17 au 21 août, 11 étudiants étaient déclarés positifs au Covid. Un chiffre qui a observé une hausse impressionnante, passant à 24 après seulement trois jours, puis à 38 au 7 septembre. Aujourd’hui, un total de 47 étudiants des différentes antennes de l’université sont positifs.

Un chiffre que la porte-parole Josephine Dols-Knegtering qualifie de “très faible”. “Les étudiants qui n'étaient plus contagieux, et ceux qui ne présentaient pas de symptômes pendant plus de 24 heures ont pu quitter la quarantaine”, explique-t-elle à La Libre.

Ces étudiants, qui avaient participé à la semaine d’intégration quelques jours avant les premiers tests positifs, n’ont pas été contaminés durant celle-ci, selon l’université. “Ces étudiants ont en effet participé à INKOM. Toutefois, cela ne signifie pas que les étudiants ont été infectés pendant INKOM. Il y avait des règles strictes pendant cette semaine, qui étaient étroitement surveillées.”

En effet, l’enquête menée par le GGD (Service de santé publique néerlandais) indique que la contagion aurait eu lieu lors d’événements estudiantins, certainement dans les dortoirs de l’université où les règles sont bien moins respectées.

L’université de Maastricht a mis en place une grande campagne, sur place, mais aussi en ligne. Elle envoie désormais des e-mails à tous les étudiants, les exhortant à prendre leurs responsabilités. “Il ne s'agit pas seulement de vous, il s'agit aussi de la santé des autres. Respectez les règles”. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de l’université montre la journée d’une jeune étudiante en réexpliquant les différentes mesures d’hygiène. Dans les couloirs et même dans les dortoirs, on tombe désormais sur de grands miroirs où l’on peut lire “Oui, VOUS ! Vous êtes en train de regarder la personne responsable de la santé et sécurité des autres. Combattons le Covid-19 ensemble !”


Josephine Dols-Knegtering précise également que depuis le début de la pandémie en mars, la plupart des cours sont organisés en ligne. “Nous nous sommes très vite adaptés à la situation. Les cours maintenus sur place sont uniquement ceux où il n’y a pas le choix, par exemple ceux en laboratoire. Et là on respecte des mesures de distanciation et d’hygiène très strictes.”

Pourtant, pas de masques aux environs. Ni dans la vidéo explicative diffusée sur les réseaux sociaux, ni sur les photos de rentrée postées sur le site web. “Nous suivons les recommandations du gouvernement qui n’impose pas le masque dans les établissements scolaires. Toutefois, si quelqu’un veut porter un masque, il peut tout à fait le faire” explique la porte-parole.

Quid des 11 910 étudiants étrangers, dont 1300 étudiants belges faisant parfois la navette entre les deux pays de façon hebdomadaire voire quotidienne ? “Avec la situation des zones rouges et orange, c’est devenu compliqué pour les étudiants qui n’habitent pas ici. La règle est donc de rester chez soi et suivre les cours en ligne. Quant aux étudiants étrangers qui ont des cours en présentiel, nous avons mis à leur disposition des logements où ils peuvent observer la quarantaine avant d’être autorisés à regagner les salles de classe.”

L’université a misé sur la transparence totale en mettant sur son site web les chiffres des contaminations et les décisions de quarantaine du Service de santé publique néerlandais. "Les chiffres sont stables depuis quelques jours, il n'y a pas de nouvelles contaminations", assure Josephine Dols-Knegtering.

Un système bien rodé qui a l’air de marcher, puisque la situation est encore plus inquiétante dans les universités Radboud et Wageningen, où respectivement 170 et 70 étudiants ont été mis en quarantaine fin août. À voir comment se déroulera la rentrée universitaire chez nous, prévue pour ce lundi 14 septembre.