Philippe Lamberts, co-président des Verts au Parlement européen, a réclamé mercredi quatre commissaires écologistes dans l'équipe que doit constituer Ursula von der Leyen, future présidente de la Commission, comme condition à leur coopération.

"Il ne faut pas compter sur les Verts pour assurer la majorité au parlement sans que l'on soit à la Commission européenne (...) Ils nous veulent, ils payent", a exigé M. Lamberts lors d'une rencontre avec quelques journalistes. Avec le score des Verts aux européennes du 26 mai, "cela fait quatre commissaires", a-t-il calculé.

L'écologiste belge s'est "agacé" de l'attitude des dirigeants français et allemand, Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui ont selon lui estimé qu'un commissaire écologiste serait suffisant dans la future équipe de Mme von der Leyen.

Le président du Conseil européen Donald Tusk avait début juillet appelé à "impliquer les Verts" dans le partage des hautes fonctions de l'UE, alors qu'aucun poste ne leur a été attribué malgré leur progression dans les urnes.

Mme von der Leyen a été élue mardi soir d'extrême justesse avec 383 voix (soit neuf de plus que la majorité nécessaire de 374 voix).

Les Verts, qui n'ont pas voté pour elle, l'ont cependant félicitée et lui ont proposé leur coopération. "Son message pro-européen est le bienvenu (...) Les Verts ont été élus sur la base d'un programme de changement et nous continuerons à respecter cet engagement. Partout où la présidente de la Commission veut être un allié dans cet objectif, notre porte restera ouverte et nous sommes prêts à travailler de manière proactive avec la nouvelle Commission", ont affirmé les Verts dans un communiqué.

D'ici à son entrée en fonction le 1er novembre, Mme von der Leyen doit constituer une nouvelle Commission, constituée d'un commissaire par Etat membre (soit 27 au total avec la présidente si l'on retire le Royaume-Uni, en raison du Brexit).

Ce sont les gouvernements qui proposent les commissaires les représentant. Comme il n'y a pas de gouvernement dirigé par les Verts, seuls les pays avec des coalitions comptant des écologistes pourraient a priori être pris en compte.

Mais au Danemark, par exemple, où c'est le cas, le poste est déjà pourvu : c'est la libérale Margrethe Vestager qui va être vice-présidente de la Commission. Au Luxembourg, il a été convenu au sein du gouvernement qu'un social-démocrate prendrait le poste.

Il y a également une participation des Verts au gouvernement en Suède et en Finlande. En Belgique, les écologistes ne font pas partie de l'actuel gouvernement fédéral en affaires courantes, mais il ne peut toutefois pas être exclu qu'ils prennent une place dans une future coalition.