Il s'agit d'une "étape importante", a souligné le ministre allemand Olaf Scholz à l'issue de la réunion, tout en pointant qu'il faudra encore franchir pas mal d'obstacles avant que le plan ne soit réellement effectif. Les ministres ont atteint un accord politique sur la "facilité pour la reprise et la résilience", le gros morceau du plan "Next Generation EU" qui avait été validé en juillet dernier par les chefs d'État et de gouvernement en parallèle du budget des 7 prochaines années. Cette "facilité" permettra d'injecter 672,5 milliards d'euros dans des réformes et investissements nationaux sous la forme de prêts et subsides, sur le total de 750 milliards du plan de relance.

Les principes ont été validés par les dirigeants lors d'un sommet en juillet. Cette fois, les ministres ont donné leur accord sur le fonctionnement et les détails de cette part importante du plan de relance. Il s'agit maintenant d'entrer en négociation avec le Parlement européen. Olaf Scholz, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil, espère qu'un accord survienne rapidement.

L'objectif est en effet que le plan de relance soit opérationnel dès début 2021. Dès la mi-octobre, les pays peuvent d'ailleurs introduire auprès de la Commission un avant-projet de plan national de réformes et investissements, en ligne avec les recommandations du Semestre européen et les priorités ciblées par la Commission, soit les transitions verte et numérique. Les plans devront comprendre 37% de dépenses liées aux objectifs climatiques, et 20% liés à la numérisation.

Côté belge, on a quelques réserves autour de la méthodologie pour calculer les dépenses "climatiques", mais le pays est d'accord avec les grandes lignes et a donc également donné son feu vert mardi.

Le budget pluriannuel 2021-2027 de l'Union, et les ressources propres de l'UE, intimement liés au plan de relance, font l'objet de négociations trilatérales entre le Parlement, le Conseil (États membres) et la Commission. Lundi, un sixième cycle de négociations a eu lieu. Le Parlement tente dans ces tractations de lier plus étroitement l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit par le pays concerné. La Hongrie et la Pologne ne veulent pas en entendre parler et ont récemment rejeter une proposition allemande de compromis à ce sujet. D'autres pays dont la Belgique ont également voté la semaine contre la proposition allemande, la jugeant trop peu ambitieuse.

Le budget nécessitera pourtant une unanimité des 27 pour passer la rampe.