Cette proposition "est le fruit d'un travail collectif extrêmement intense", a affirmé le Belge. "Les dernières étapes sont toujours les plus difficiles, mais je suis confiant (...) Je suis convaincu qu'un accord est possible", a ajouté celui qui joue un rôle de médiateur dans ce sommet.

M. Michel avait annoncé lundi matin, à l'issue d'une nuit complète de négociations, qu'il tenterait de bâtir un nouveau compromis sur la base d'un plan composé de 390 milliards d'euros de subventions, contre 500 milliards dans le projet initial.

Lundi soir, l'espoir d'un accord semble bien présent. Quelques heures avant de rassembler à nouveau les 27 dirigeants autour d'une même table, le président du Conseil européen Charles Michel a fait parvenir aux délégations une nouvelle proposition de compromis. Les montants globaux, de 1.074 milliards d'euros pour le budget pluriannuel et de 750 milliards pour l'instrument de relance, restent identiques dans cette nouvelle mouture, par rapport à la proposition du Belge en début de sommet.

Il y a en revanche des glissements entre programmes à l'intérieur de ces deux paquets financiers, ainsi que des changements dans des critères d'allocation, entre autres. Et la nouvelle proposition augmente considérablement les "rabais" dont bénéficient certains pays membres, avec surtout les Pays-Bas qui gagneraient au change. Ce leader des pays "frugaux", devenu un des symboles des difficultés des négociations budgétaires, aurait donc obtenu une belle réduction sur sa contribution nationale au budget européen.

Autre changement qui devrait grandement bénéficier aux Pays-Bas, mais également satisfaire la Belgique: la part des droits de douane que les Etats peuvent garder comme "frais de perception" passerait à 25%, plutôt que 20% actuellement. Charles Michel avait initialement proposé de réduire ce pourcentage avant de le rétablir dans un second temps à 20%.

Les Européens discutent depuis vendredi matin de ce projet, ardemment défendu par Paris et Berlin. Il est destiné à relancer une économie mise à terre par le coronavirus. Mais il faut pour cela convaincre une poignée de pays plus réservés: les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède, le Danemark et la Finlande.