Les manifestants s'étaient rassemblés pour dénoncer l'arrestation jeudi de 24 étudiants de l'université Bogazici à Istanbul, qui avaient brandi des drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel pour exprimer leur soutien avec la communauté LGBT.

Des étudiants de Bogazici manifestent quotidiennement depuis le 1er janvier contre la nomination par le président Recep Tayyip Erdogan d'un recteur proche de son parti, Melih Bulu, y voyant le signe d'une perte d'indépendance des universités.

Les autorités ont durement réprimé la contestation, arrêtant plusieurs dizaines d'étudiants et réclamant des peines de prison ferme pour plusieurs d'entre eux. Sept étudiants ont par exemple été jugés ce mois-ci pour "incitation à la haine et à l'hostilité" pour l'affichage à Bogazici d'un poster représentant la Mecque avec des drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Cette répression s'est accompagnée d'une hausse du discours anti-LGBT, après la découverte sur le campus d'une oeuvre d'art jugée insultante, associant un lieu sacré de l'islam et des drapeaux LGBT.

Le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu a ainsi plusieurs fois qualifié les LGBT de "dégénérés" et M. Erdogan a estimé qu'ils ne partageaient pas les "valeurs" de la Turquie.

Ces propos, qui ont été condamnés par les Etats-Unis, ont renforcé l'inquiétude des membres de la communauté LGBT en Turquie. Si l'homosexualité n'y est pas illégale, contrairement à de nombreux pays à majorité musulmane, les LGBT y sont fortement discriminés.