Ce sont 5.800 personnes, a précisé la préfecture de l'Isère à l'AFP, qui ont répondu à l'appel lancé sur les réseaux sociaux par Romane Dartois, l'une des deux sœurs de la jeune victime.

En tête du cortège, la famille, accompagnée d'un prêtre en aube blanche, a été saluée par des applaudissements."Victorine, on a besoin de toi. Garde-nous une place là-haut", a lu son frère d'une voix étranglée par l'émotion à l'issue de la marche.

"Veille sur toutes les femmes qui rentrent seules chez elle. Je t'aime", a-t-il ajouté, sous un dais blanc, au côté de ses parents et de ses soeurs qui tenaient une banderole avec la photo de la benjamine de la fratrie, marquée "Victorine repose en paix. Nous finissons ton trajet ensemble".

La famille retenant à grand peine ses larmes s'est ensuite longuement étreinte sous les applaudissements nourris de la foule.

Par la voix de leur avocate Kelly Monteiro, les Dartois ont ensuite "remercié du plus profond de leur cœur" tous ceux qui se sont mobilisés ce dimanche pour les soutenir. Puis en choeur, parents et enfants ont crié "merci !". Avant un lâcher de ballons blancs également applaudi par les milliers de marcheurs.

Le corps de Victorine a été retrouvé lundi, deux jours après sa disparition. Une enquête pour meurtre, enlèvement et séquestration a été ouverte, la thèse accidentelle ayant été formellement écartée.

L'étudiante en BTS communication au lycée Condorcet de Saint-Priest (métropole de Lyon), avait disparu en rentrant chez elle samedi soir, après un après-midi de shopping avec des amis dans un centre commercial de Villefontaine, une commune de près de 20.000 habitants.

C'est sur le trajet du retour, après un dernier coup de fil à sa famille, à 18h50, disant qu'elle "arrivait dans 20 minutes", à pied, qu'elle a disparu près du stade jouxtant une zone boisée que l'on peut traverser par un chemin, longeant à cet endroit le ruisseau de Turitin, peu profond et encombré de branchages. C'est là que son corps a été découvert.

Une cagnotte a été lancée à l'initiative des fidèles de la paroisse Saint-Paul-des-Quatre-Vents à Villefontaine et du Père Cyrille Somda, son curé, pour soutenir la famille.

"On n'ose plus sortir"

Venue de Bourgoin-Jallieu, rose à la main comme de nombreux jeunes présents, Anaïs Fortuna (19 ans) dit être là pour "rendre hommage à Victorine en espérant qu'on va retrouver celui qui a fait ça".

"Depuis, on n'ose plus sortir. On a peur. J'ai peur pour mes soeurs et cousines", lance cette ancienne camarade de lycée.

Bernadette Therville, une dame d'une soixantaine d'années, dit se sentir "concernée, en tant que grand-mère de petites-filles". "On n'ose plus laisser sortir nos enfants. On a peur que ça arrive de nouveau".

Virginie Gaillard, mère de deux filles de 15 et 18 ans, est venue en famille. "Je me sens vraiment concernée car ça peut arriver à n'importe quelle jeune fille, et même à des garçons".