Jeremy Corbin tente de fédérer l’opposition en vue d'élections anticipées.

Face à un Boris Johnson qui affirme que le Royaume-Uni quittera l’Union européenne (UE) le 31 octobre même sans accord avec les Européens, la perspective d’un nouveau référendum sur le Brexit ressurgit.

Jeremy Corbyn, le leader de l’opposition travailliste britannique, a annoncé mercredi qu’il entendait déposer une motion de censure contre le gouvernement de Boris Johnson, “dès que possible, quand nous sommes assurés de gagner”, a-t-il écrit dans une lettre aux principaux chefs des partis d’opposition au Parlement (Lib Dems, Plaid Cymru, SNP) et aux députés conservateurs rebelles, opposés à un Brexit dur.

Si le gouvernement est désavoué comme l’espère Jeremy Corbin, des élections générales seront organisées dans le pays au cours desquelles le Labour ferait campagne pour un nouveau référendum sur l’appartenance à l’UE. Ce dernier mentionnerait la possibilité pour le pays de rester membre de l’UE.

On prête également à Boris Johnson le souhait de convoquer de nouvelles élections s’il n’obtient pas la majorité pour un “Brexit dur” le 31 octobre. Sa majorité actuelle, depuis une élection partielle le 1er août, ne tient plus qu’à un siège.

Dans les deux cas, l’état de l’opinion publique au cours de la campagne électorale sera déterminant.

En 2016, le Brexit l’avait emporté par 52 % des voix.

Un sondage Ipsos Mori du 30 juillet indique que 56 % des sondés soutiennent des élections générales pour élire un nouveau parlement s’il n’y a pas d’accord de sortie entre l’UE et le Royaume-Uni et 29 % s’y opposent. Néanmoins, quand on leur demande qui fait le meilleur Premier ministre, Boris Johnson, avec 52 % des voix, surpasse Jeremy Corbyn, qui n’obtient que 27 % des suffrages. Or, dans la lettre envoyée mercredi, Corbyn se présente comme l'homme qui doit diriger un gouvernement technique avant des élections générales, ce qui suscite l'irritation des Libéraux démocrates.

L’idée d’un nouveau référendum travaille le Labour depuis des mois.

Le site web EU Observer a déniché un “briefing” réalisé par un fonctionnaire de la Commission européenne avant la rencontre de son patron, Pierre Moscovici, avec l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair. La rencontre a eu lieu à Davos le 24 janvier dernier. Dans ce “briefing”, le fonctionnaire avertit qu’“un second référendum sur le Brexit est passé d’un rêve distant à l’une des issues le plus souvent évoquées pour sortir de l’impasse”.

À plusieurs reprises, l’UE a dû s’y reprendre à deux fois après des votes populaires. En 1992, 50,7 % des Danois avaient rejeté initialement le Traité de Maastricht. Après quelques exemptions au traité, ils avaient approuvé le texte avec 56,7 % des voix lors d’un second référendum.

L’avertissement de Nancy Pelosi

Un autre nuage est venu assombrir l’horizon de Boris Johnson. Nancy Pelosi, la présidente de la chambre basse du Congrès américain, une démocrate, a averti mercredi Londres que le Congrès s’opposerait à un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni sur l’accord de paix en Irlande du Nord (dit du Vendredi Saint) était mis en danger par le Brexit.

La promesse d’un généreux accord commercial avec les États-Unis est l’un des atouts de Boris Johnson pour convaincre ses sympathisants. Les relations commerciales sont aussi l’une des libertés que retrouverait la Grande-Bretagne en quittant l’Union.

Le vice-président américain Mike Pence annonce qu’il se rendra au Royaume-Uni les 4 et 5 septembre puis en Irlande le 6 septembre pour parler relations économiques et “l’engagement des États-Unis en faveur du maintien de la paix”.

© Rédaction