La police britannique a estimé jeudi que le conseiller spécial du Premier ministre Boris Johnson, Dominic Cummings, avait bien commis une entorse "mineure" aux règles du confinement instauré pour lutter contre le nouveau coronavirus, mais n'entend pas mener de poursuites. Dans la foulée de cette annonce, le porte-parole de Boris Johnson a déclaré que le Premier ministre jugeait "close" cette polémique, avec laquelle il se débat depuis plusieurs jours et qui a provoqué une fronde dans le rangs de son camp conservateur.

"Le Premier ministre a dit qu'il estime que M. Cummings a agi de manière responsable et légale étant données les circonstances, et considère que l'affaire est close", a déclaré ce porte-parole.

Dans un communiqué, la police de Durham a expliqué que l'un des déplacements de M. Cummings, peut être considéré comme une infraction aux règles, mais "mineure" dans la mesure où les consignes de distanciation physique étaient apparemment respectées.

Cette affaire, qui embarrasse un Boris Johnson déjà en proie à de vives critiques sur sa gestion de la crise, a éclaté vendredi soir lorsque les quotidiens Daily Mirror et Guardian ont révélé que M. Cummings s'était rendu chez ses parents avec son épouse et leur fils de quatre ans, dans le Nord-Est de l'Angleterre, à Durham.

Le conseiller a expliqué qu'il avait agi ainsi car le couple n'avait pas de solution de garde d'enfant à Londres, alors que son épouse présentait des symptômes de la maladie Covid-19 et qu'il craignait d'être malade à son tour.

La police, qui avait ouvert une enquête après la plainte d'un retraité, a estimé que ce déplacement ne contrevenait pas aux règles.

Elle a en revanche eu une appréciation différente quant à un déplacement le 12 avril à Barnard Castle, à une quarantaine de kilomètres de Durham. Lors d'une conférence de presse lundi, le controversé conseiller avait expliqué qu'il avait fait ce trajet en voiture pour s'assurer que sa vue lui permettrait de conduire pour renter à Londres.

Si M. Cummings avait été contrôlé par des policiers, ils lui auraient conseillé de retourner à Durham en lui rappelant les dangers de se déplacer pendant la pandémie, selon la police. "Si ces consignes avaient été acceptées par M. Cummings, aucune poursuite n'aurait été engagée", explique la police dans un communiqué.

Conformément à sa politique durant la pandémie, la police de Durham n'entend pas entamer de poursuites a posteriori contre M. Cummings, ce qui reviendrait à le "traiter différemment que tout autre membre du public".

Quant aux allégations évoquant la présence de M. Cummings à Durham le 19 avril, contestées par l'intéressé, la police a estimé qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes.

En conséquence, le commissariat de Durham a décidé d'en rester là "et a informé M. Cummings de sa décision", conlut le texte.