Le budget de 184.000 zloty (un peu plus de 40.000 euros) accordé par la ville permettra à l'établissement de fonctionner durant les deux prochaines années, offrant un logement mais aussi un soutien psychologique aux membres de la communauté LGBT qui ont fui la répression, ont été jetés à la rue ou victimes de violences.

"Nous voulons leur offrir un soutien psychologique pour qu'ils puissent sortir de la rue, trouver un emploi et retrouver une vie normale", a déclaré la fondatrice du refuge, Monika Doroszkiewicz, au quotidien Gazeta Wyborcza.

L'établissement accueillera 12 résidents. D'abord refuge pour femmes à sa création en 2016, il a peu à peu vu arriver de nombreuses personnes transgenres en détresse. C'est ce qui a poussé sa fondatrice à le renommer officiellement en tant qu'abri pour membres de la communauté LGBT persécutés.

Selon le site internet Queer.pl, il s'agit du premier refuge du genre en Pologne, alors que ce pays traditionnellement très catholique assiste ces derniers mois à une multiplication des discours hostiles envers les personnes LGBT de la part des membres de l'extrême droite au gouvernement. Ceux-ci considèrent toute autre orientation sexuelle que l'hétérosexualité comme une "idéologie". Ainsi, Jaroslaw Kaczynski, leader du parti conservateur Droit et Justice au pouvoir, a accusé la communauté LGBT de constituer une "menace" pour la famille traditionnelle, alors qu'à l'été 2020, le président Duda avait jugé "l'idéologie LGBT pire que le communisme".

Des dizaines de résolutions non contraignantes "contre l'idéologie LGBT" ont également été adoptées par plusieurs gouvernements locaux, principalement dans le sud-est de la Pologne, provoquant l'indignation dans le pays et à l'étranger, ainsi qu'une vague de solidarité envers les personnes gays, lesbiennes, bisexuelles et transgenres.