"Ce qui se passe ne doit plus se répéter" à l'avenir, juge l'ancien ministre-président flamand, à quelques jours de la date-butoir du 31 décembre à laquelle le Royaume-Uni risque de sortir du marché unique européen sans accord ("no-deal") sur ses relations futures avec l'UE.

A ses yeux, la saga du Brexit démontre la nécessité de changer l'article du traité sur l'Union européenne réglant le retrait d'un État membre. Cet État devrait être obligé, en activant l'article 50, de dire quel futur statut il souhaite. Ce pourrait être une coopération avec l'UE sur le modèle norvégien, turc ou canadien, voire même selon les règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), "pourvu que ce soit clair". "Les Britanniques disent: 'Brexit means Brexit', mais il n'y avait aucune proposition concrète", grince Geert Bourgeois.

L'eurodéputé va plus loin pour éviter les incertitudes. "Car qu'adviendra-t-il au 1er janvier? Y aura-t-il des tarifs douaniers, des quotas d'importation, de nouvelles normes? Les entreprises se tirent les cheveux! Donc, si aucun accord n'a été trouvé six mois avant l'échéance de la période de transition, celle-ci doit être automatiquement prolongée", propose M. Bourgeois.

Cette période de transition permet actuellement au Royaume-Uni, qui est sorti le 31 janvier dernier de l'UE, de rester dans le marché intérieur et l'union douanière jusqu'au 31 décembre, le temps de négocier ses futures relations avec l'Union. Elle avait été établie dans l'accord de retrait conclu fin 2019 entre Européens et Britanniques. Jusque fin juin, Londres pouvait en demander la prolongation, mais le Premier ministre Boris Johnson l'a toujours refusé.

Les négociations post-Brexit étaient mercredi entre les mains de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et de M. Johnson, qui espèrent surmonter l'impasse sur la pêche pour conclure un accord avant Noël.

L'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques reste l'ultime point d'achoppement des discussions, par ailleurs quasiment bouclées, y compris sur les sujets jusque là problématiques, comme la manière de régler les différends et les mesures de protection contre toute concurrence déloyale.

Londres et Bruxelles espèrent parvenir à un accord ce mercredi ou ce jeudi, ce qui laisserait en théorie suffisamment de temps pour qu'il entre en application le 1er janvier. "Mais comme toujours, il n'y a rien de garanti", prévenait une source européenne. Faute d'accord, les échanges entre l'UE et Londres se feraient selon les règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), synonymes de droits de douane, de quotas, ainsi que de formalités administratives susceptibles d'entraîner des embouteillages monstres et des retards de livraison.