Personne ne doit toucher à Lénine : le président russe Vladimir Poutine a soutenu jeudi que le corps du révolutionnaire bolchévique, conservé dans un mausolée sur la place Rouge à Moscou, ne devait pas être déplacé.

"Selon moi, il ne faut pas y toucher. Du moins tant que la vie et le destin de beaucoup de gens y resteront liés (...) et liés aux réussites du passé, aux années soviétiques", a affirmé Vladimir Poutine, interrogé sur ce sujet lors de sa conférence de presse annuelle.

La question du mausolée de Lénine, inauguré après sa mort en 1924, est très controversée en Russie où le parti communiste constitue la première formation d'opposition au Parlement. Selon un sondage du centre VTsIOM datant de 2017, plus de 60% des Russes pensent que le corps du premier dirigeant soviétique doit être déplacé et enterré.

Jeudi, Vladimir Poutine a néanmoins critiqué la politique de Lénine après la révolution de 1917, estimant qu'il "n'était pas un homme d'Etat mais un révolutionnaire".

Alors que le gouvernement tsariste était "très centralisé et uni", selon M. Poutine, Lénine a proposé "une confédération avec le droit d'en sortir", où les différents peuples du pays étaient assignés à des territoires.

"Mais la répartition de ces territoires ne correspondait pas toujours aux lieux de vie traditionnels de ces peuples", a affirmé M. Poutine, précisant que cette politique avait crée des "plus de 2.000 points problématiques" qui persistent aujourd'hui "dans toute l'ex-URSS et en Russie".

Vladimir Poutine a également regretté que, pendant l'Union soviétique, l'avenir du pays ait été uniquement lié au parti communiste.

"Le parti a commencé à s'effondrer et le pays est tombé avec lui (...) C'était une erreur fondamentale dans la construction de l'Etat", a affirmé M. Poutine, faisant référence à la décomposition de l'URSS à la fin des années 1980.

Le chef du Kremlin a toutefois critiqué le vote par le Parlement européen, en septembre, d'une résolution sur la "mémoire européenne" mettant sur un pied d'égalité communisme et nazisme.

"On peut jeter l'anathème sur le stalinisme (...) Mais mettre l'URSS et l'Allemagne fasciste sur le même plan ?", s'est interrogé M. Poutine, qui a critiqué une résolution "totalement incorrecte".