"Où est la limite entre le succès d'une entreprise mondiale aux services populaires (...) et des tentatives de contrôler brutalement, à leur propre discrétion, la société?", a demandé de manière rhétorique Vladimir Poutine, impliquant que cette limite avait été franchie et que les "droits fondamentaux humains" avaient été enfreints.

"Nous venons de voir tout cela aux États-Unis", a ajouté le président russe, qui semblait faire référence au blocage du compte Twitter de l'ancien président américain Donald Trump, suite à l'assaut meurtrier de certains de ses partisans contre le Capitole, le 6 janvier.

Dans un pays où, contrairement aux médias traditionnels, internet reste relativement libre, de nombreux jeunes Russes s'informent de plus en plus sur des plateformes telles que YouTube.

Les vidéos de star du web comme Iouri Doud, connu pour ses documentaires coup de poing, ou de l'opposant Alexeï Navalny, y engrangent des dizaines de millions de vues.

En réaction, les autorités ont commencé ces dernières années à donner un tour de vis sur le "runet" (internet russe) au nom de la lutte contre l'extrémisme, le terrorisme et la protection des mineurs. Des concepts fourre-tout selon les détracteurs du régime, qui y voient des tentatives de censure.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a réagi la semaine dernière à la vague de contenus favorables à Alexeï Navalny en menaçant d'amendes les réseaux sociaux, où ont été partagés massivement des appels à manifester en soutien à l'opposant, arrêté à son retour d'Allemagne, où il est resté en convalescence pendant cinq mois suite à une tentative d'empoisonnement présumé.

Mercredi, le directeur général de TikTok en Russie a été invité à la Douma (chambre basse du Parlement russe) à la veille d'une réunion de la commission d'enquête sur l'ingérence étrangère.

La diplomatie russe a de son côté dénoncé lundi "l'ingérence" dans les affaires intérieures russes des géants américains de l'internet après des manifestations d'opposition qui ont réuni samedi des dizaines de milliers de personnes à travers la Russie.