Les deux chefs d'Etat se sont retrouvés à Sotchi, une station balnéaire du sud-ouest de la Russie, pour le premier déplacement de M. Loukachenko à l'étranger depuis sa réélection contestée du 9 août, qui a déclenché un mouvement de protestation historique au Bélarus.

Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Minsk pour le cinquième week-end consécutif afin de réclamer le départ du pouvoir d'Alexandre Loukachenko, âgé de 66 ans et qui dirige son pays depuis 1994, une mobilisation toujours très forte malgré l'arrestation ou l'exil des principaux opposants.

Evoquant la vague révision constitutionnelle promise par le président bélarusse pour sortir de la crise, M. Poutine a affirmé à son homologue, au début de leur rencontre, être "convaincu qu'avec votre expérience du travail politique", elle permettra au Bélarus d'"atteindre de nouvelles frontières".

Il ne s'est en revanche pas exprimé en faveur d'un soutien plus marqué au cours de cette conversation de vingt minutes pendant laquelle Alexandre Loukachenko a monopolisé la parole, remerciant M. Poutine "personnellement" et "tous les Russes" de leur appui.

Fidèle à sa nouvelle stratégie, consistant à se présenter comme le premier rempart de la Russie face aux Occidentaux, le chef de l'Etat bélarusse a ajouté que les deux pays devaient "préparer (leurs) armées" de sorte que, "Dieu nous en préserve, nous puissions résister" en cas d'attaque militaire.

S'il accusait la Russie avant le scrutin de vouloir "déstabiliser" son pays, Alexandre Loukachenko a depuis effectué depuis un virage à 180 degrés pour obtenir le soutien russe face aux manifestations monstres, qui font selon lui partie d'un complot occidental.

Vendredi, le Kremlin avait annoncé que cette rencontre servirait à évoquer "les perspectives du processus d'intégration" entre ces deux ex-républiques soviétiques, un projet que Moscou caresse de longue date.