Le projet de loi, apparu mardi sur le site internet de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, prévoit la fin de la participation de Moscou à cet accord. Il doit désormais être validé par le législateur avant d'être promulgué par Vladimir Poutine.

En février, les autorités russes avaient assuré "laisser la porte ouverte" à un retour aux dispositions du traité si les États-Unis en faisaient de même. Après la dénonciation de plusieurs traités internationaux par Donald Trump, l'administration de Joe Biden a, elle, pris des mesures en faveur d'un retour à certains d'entre eux, à l'instar des négociations en cours sur le nucléaire iranien. Les États-Unis ont aussi prolongé in extremis en janvier l'important traité russo-américain New Start de limitation des arsenaux nucléaires.

Les négociations sur le retour au traité "Ciel ouvert" semblent, pour leur part, dans l'impasse. L'administration Trump était sorti de l'accord après avoir accusé la Russie de le violer.

Ce traité, entré en vigueur en 2002 avec à l'origine 35 pays signataires, donne le droit d'effectuer des vols d'observation au-dessus du territoire des parties à l'accord en échange de l'obligation d'accepter de tels vols au-dessus du sien, afin de permettre le contrôle des activités militaires. Moscou refuse d'en rester membre sans les États-Unis, car elle estime que les autres signataires, de nombreux pays européens membres de l'Otan et le Canada, allaient transmettre leurs informations sur la Russie à Washington.

Les relations russo-américaines n'ont cessé de se dégrader ces dernières années, avec encore en avril des sanctions et expulsions croisées de diplomates. Néanmoins, les États-Unis ont proposé un sommet Biden-Poutine dans un pays tiers en juin, une offre en cours de négociation et que le Kremlin a jugé favorablement.