"Le peuple du Bélarus a le droit de décider de son avenir et d'élire librement son dirigeant. Les violences contre les manifestants sont inacceptables", a-t-il commenté.


La situation au Bélarus évolue rapidement ces derniers jours et le président du Conseil la suit de près, en contact permanent avec ses collègues du Conseil, selon son entourage. L'Union n'est pas prête à reconnaître les résultats des élections présidentielles du 9 août, qui ont confirmé Alexandre Loukachenko à son poste, à en croire le régime en place. Ce scrutin n'a été ni libre ni équitable et son processus ne rencontrait manifestement pas les normes internationales, indiquait une source européenne.

Mercredi, l'UE a l'intention d'envoyer un message important de solidarité envers la population de ce pays. Elle devrait condamner la violence disproportionnée dont font preuve les autorités de l'État contre des manifestants jugés pacifiques, et en appeler à la libération immédiate et sans condition de tous les personnes détenues illégalement.

L'UE s'inquiète aussi des informations faisant état de traitements inhumains et de conditions de détention. Une enquête approfondie et transparente lui apparaît comme une priorité, de même que l'établissement des responsabilités.

Elle ne voit de sortie de crise que dans la fin des violences, la désescalade des tensions, le dialogue et l'absence d'interférences extérieures, par allusion à Moscou qui soutient le régime bélarusse.

Les employés de plusieurs usines de Minsk ont manifesté lundi à l'appel de l'opposition bélarusse, qui a annoncé une grève générale dans la continuité de la gigantesque manifestation de la veille pour pousser le président Loukachenko au départ. La candidate d'opposition à l'élection présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, s'est pour sa part dite prête à "assumer ses responsabilités" et gouverner le pays dans une vidéo enregistrée en Lituanie, où elle est réfugiée.

Un immense défilé réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes, considéré comme le plus grand rassemblement d'opposition de l'histoire du Bélarus, avait été organisé dimanche à Minsk pour exiger le départ du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994.

La victoire électorale de ce dictateur, le 9 août dernier, a été perçue comme largement truquée, alors que la mobilisation en faveur de son inattendue rivale, Svetlana Tikhanovskaïa, a enflammé le pays.

L'Allemagne, qui assure la présidence de l'Union européenne, a menacé ce lundi d'étendre les sanctions déjà décidées contre des responsables du Bélarus, après les violences contre les manifestants.

"Nous voyons aussi la possibilité d'étendre les sanctions à d'autres responsables" du pays, a déclaré à la presse Steffen Seifert, porte-parole d'Angela Merkel, en plaidant pour que l'Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE) soit chargée d'une mission de médiation visant à vérifier les résultats du scrutin.

De son côté, le Royaume-Uni a dit refuser les résultats de l'élection du 9 août et vouloir "sanctionner les responsables" de la répression des manifestations. Il a lui aussi réclamé une enquête indépendante de l'OSCE.

L'Union européenne avait décidé vendredi de sanctionner la répression au Bélarus. Une liste de personnes accusées d'avoir organisé et procédé à la répression au Bélarus va être établie et elle sera soumise pour approbation aux États membres.

Le Bélarus est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016. Les nouveaux noms s'ajouteront à cette liste.

Au Parlement européen, cinq des plus grands groupes politiques (PPE, S&D, Renew, Verts/ALE et CRE) ont uni leurs voix ce lundi pour réclamer de nouvelles élections et condamner les violences contre les manifestants.

"Les élections présidentielles du 9 août n'ont été ni libres ni honnêtes. Des rapports crédibles vont dans le sens d'une victoire de Svetlana Tikhanovskaya. C'est pourquoi nous ne reconnaissons pas Alexandre Loukachenko en tant que président réélu et le considérons comme persona non grata dans l'Union européenne", ont affirmé ces formations paneuropéennes.