Agé de 65 ans, M. Loukachenko, qui gouverne son pays d'une poigne de fer depuis 26 ans, est allé samedi inspecter les unités militaires déployées à Grodno, dans l'ouest, près de la frontière polonaise, selon un communiqué diffusé sur Telegram par la présidence bélarusse.

Arrivé sur le polygone militaire de cette ville, il a dénoncé le mouvement de protestation impulsé selon lui "de l'extérieur".

"J'ordonne au ministre de la Défense (...) de défendre avant tout la perle occidentale du Bélarus dont le centre est à Grodno. Et de prendre les mesures les plus strictes pour défendre l'intégrité territoriale de notre pays", a déclaré M. Loukachenko.

Il a affirmé constater d'"importants agissements des forces de l'Otan à proximité immédiate" des frontières bélarusses, sur les territoires polonais et lituanien.

Dans ce contexte, Alexandre Loukachenko a annoncé que l'essentiel des forces armées bélarusses avaient été placées en état d'alerte.

Ces déclarations interviennent à un moment où de vastes manoeuvres militaires bélarusses sont prévues dans la région de Grodno pour entre les 28 et 31 août.

Le gouvernement du président Loukachenko "cherche à détourner l'attention des problèmes intérieurs bélarusses à tout prix avec des déclarations tout à fait sans fondement sur des menaces extérieures imaginaires", a réagi auprès de l'AFP le président lituanien Gitanas Nauseda.

Krzysztof Szczerski, le chef de cabinet du président polonais, a réagi sur le même registre, qualifiant les déclarations du chef de l'Etat bélarusse de "propagande du régime", qu'il a qualifiée de "déplorable et étonnante". "La Pologne (...) n'a aucun projet de ce genre", a-t-il déclaré à l'agence de presse polonaise PAP.

Alexandre Loukachenko, qui clame avoir remporté la présidentielle avec 80% des voix, fait face à un mouvement de contestation inédit dans son pays, une ex-république soviétique.

L'opposition dénonce des fraudes et organise des manifestations quotidiennes.

Un "conseil de coordination", destiné à promouvoir la transition politique après l'élection, a été formé cette semaine par l'opposition mais les autorités ont entamé jeudi à son encontre des poursuites pour "atteinte à la sécurité nationale".

La cheffe de file de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a assuré vendredi que le peuple bélarusse n'accepterait "jamais le leadership actuel".

Pour sa part, M. Loukachenko a annoncé vendredi qu'il allait "régler le problème" du mouvement de protestation.