Des milliers d'électeurs portugais se rendent dimanche aux urnes pour participer au vote anticipé de la présidentielle du 24 janvier prochain, avec un nombre record d'inscrits, trois jours après le début d'un deuxième confinement général pour endiguer l'épidémie de Covid-19.

A Lisbonne, peu après l'ouverture des bureaux de vote, des files d'attente se formaient devant les bâtiments de la cité universitaire où les électeurs, masqués et tentant de respecter une distance de plus d'un mètre les uns des autres, attendaient leur tour pour voter, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je suis étudiante à Lisbonne et en raison du confinement ce n'était pas facile de me rendre dans ma ville dans le nord du pays pour voter", explique Andreia Gonçalves, 22 ans, emmitouflée dans son écharpe.

Un peu plus loin, Maria Amélio Gracio, une septuagénaire qui se déplace avec difficulté, attend également son tour. Cette retraitée, recensée dans une ville à près de 200 kilomètres de la capitale, a préféré voter à Lisbonne où elle vit chez sa fille "pour éviter les déplacements dans le contexte actuel", confie-t-elle.

Pour cette élection, près de 247.000 électeurs se sont inscrits pour voter par anticipation, contre un peu plus de 56.000 électeurs lors des dernières législatives de 2019, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.

Confronté à une recrudescence du nombre de nouveaux cas de Covid-19, et à une pression croissante sur les hôpitaux du pays, le gouvernement portugais s'est résolu à imposer un nouveau confinement qui a commencé vendredi.

Avec 10.947 nouveaux cas et 166 morts en 24 heures, selon le dernier bilan de samedi, le Portugal, un pays d'un peu plus de dix millions d'habitants, a encore battu de nouveaux records.

Au sein du gouvernement, après la ministre du Travail, Ana Mendes Godinho, le ministre des Finances, Joao Leao, a été testé positif au Covid-19, a annoncé samedi son cabinet.

Pour cette élection, sept candidats sont actuellement en lice. Les sondages pronostiquent la réélection du président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa dès le premier tour.

Au Portugal, le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans, reconductible une fois. Il n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique.