Elle prendra sous peu des sanctions à l'encontre "d'un nombre élevé" de responsables des violences qui ont réprimé les manifestations pacifiques des derniers jours et de ceux qui ont falsifié les élections, a-t-il ajouté, en rejetant toute perspective d'impunité.

La question de sanctionner le président Alexander Loukachenko sera délibérée dans le cadre de ce processus engagé au niveau européen, a précisé M. Michel, en réponse à une question d'un journaliste. Il a insisté sur le caractère ciblé des sanctions. "Nous sommes aux côtés" du peuple du Bélarus, a souligné le Belge en réclamant la libération des personnes illégalement détenues.

L'UE en appelle aussi à un "dialogue national inclusif" pour une issue pacifique, notamment sur base de la proposition de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Les Vingt-sept n'évoquent expressément pas un départ de M. Loukachenko ni de nouvelles élections, mais soulignent le droit pour la population du Bélarus de décider de l'avenir du pays.

"Il ne s'agit pas ici de géopolitique, mais avant tout d'une crise nationale impliquant le droit des citoyens à choisir librement leurs dirigeants, à déterminer leur destin", selon M. Michel.

Réclamant d'éviter "toute interférence extérieure qui pourrait être négative", le président du Conseil a relevé les déclarations du Kremlin assurant que la Russie n'avait pas l'intention d'intervenir militairement au Bélarus.

Pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, l'UE est prête à "accompagner une transition pacifique et démocratique au Bélarus".

L'exécutif européen va réorienter des subsides initialement destinés aux autorités bélarusses vers "les personnes les plus vulnérables et la société civile", et y ajouter 53 millions d'euros pour la population bélarusse. Trois millions d'euros iront aux victimes de la répression et au soutien à la société civile et aux médias, tandis que les 50 millions restants iront à l'aide d'urgence contre le coronavirus, a-t-elle détaillé.

Avant même l'ouverture du sommet des Vingt-sept par vidéoconférence, Alexander Loukachenko avait enjoint aux Occidentaux de s'occuper de leurs problèmes. Dans la foulée, il a ordonné au gouvernement d'empêcher les troubles au pays et de renforcer les frontières.

Officiellement déclaré vainqueur avec plus de 80% des voix à l'issue d'une présidentielle contestée, M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, fait face à une pression croissante tant au Bélarus qu'à l'étranger. Il a rejeté à plusieurs reprises l'idée d'un départ.