C'était en janvier 2015. Alors que Paris retrouve doucement le calme dans ses rues après les festivités de fin d'année, une série d'attentats terroristes frappe la ville. Ces attaques sanglantes visent les membres du journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et un magasin Hyper Cacher, laissant derrière elles une France meurtrie et une communauté internationale choquée, descendue massivement montrer son soutien dans les rues du monde entier sous le désormais célèbre slogan "Je suis Charlie".

Ce 2 septembre 2020, s'est ouvert, devant la cour d'assises spéciale de Paris, le procès de ces attentats. Sur le banc des accusés, 14 individus sont jugés pour leur affiliation et leur aide logistique aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amedy Coulibaly, abattus par les forces de l'ordre les 7 et 9 janvier 2015, après qu'ils ont ôté la vie à 17 personnes. Mais qui sont ces 14 accusés ?

Hayat Boumeddiene

Veuve d'Amedy Coulibaly et femme la plus recherchée de France, elle est poursuivie pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "financement du terrorisme". Elle s'était mariée à Coulibaly à sa sortie de prison en 2008 puis l'avait aidé à financer les attentats de 2015 grâce à plusieurs escroqueries et fraudes à la consommation avec de faux bulletins de salaires. Quelques jours avant les attentats de 2015, elle a fui vers la Syrie accompagnée de Mehdi Belhoucine. Elle fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt et sera jugée par défaut dans l'attente de son arrestation.

Mohamed Belhoucine

Ancien étudiant de la prestigieuse École des Mines et spécialiste des télécommunications, il est considéré comme le mentor de Coulibaly. Condamné à deux ans de prison en 2010 pour son appartenance à un groupe djihadiste, c'est derrière les barreaux qu'il se lie d'amitié avec Coulibaly, qu'il met en contact avec un commanditaire de l'État islamique. C'est dans son appartement de Bondy (Seine-Saint-Denis) que sera mise en place la logistique des attentats puis la fuite vers la Syrie. Accusé de "complicité de crimes terroristes", la peine la plus lourde, il sera jugé par défaut, ayant lui aussi regagné la Syrie quelques jours avant les faits.

Mehdi Belhoucine

Frère cadet de Mohamed Belhoucine et étudiant en ingénierie mécanique, il est accusé "d'association de malfaiteurs terroriste criminelle" et d'avoir exfiltré Hayat Boumeddiene vers la Syrie. Il sera également jugé par défaut dans l'attente de son arrestation.

Ali Riza Polat

Très peu cité dans le dossier des attentats de 2015, ce Franco-Turc de 35 ans est pourtant considéré comme le bras droit de Coulibaly. Il est accusé de "complicité de crimes terroristes". Il a rencontré Coulibaly à sa sortie de prison et aurait aidé à se procurer les armes ayant servi dans les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'Hyper Cacher. Polat aurait joué un rôle crucial dans le transport progressif de l'arsenal entre Charleroi et Paris tout au long de l'année 2014. Il est en prison depuis mars 2015 dans l'attente de son procès.

Nezar Pastor Alwatik

Ancien co-détenu de Coulibaly, il s'est lié d'amitié à celui-ci alors qu'ils travaillaient à la buanderie de la prison. Son ADN a été retrouvé sur plusieurs armes ayant servi dans les trois tueries et dans un gant retrouvé dans l'Hyper Cacher. Il est accusé "d'association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Amar Ramdani

Il est accusé d'avoir fourni Coulibaly en armes avec l'aide de Saïd Makhlouf et de Mohamed Fares, avec qui il assurait un trafic entre Lille et Paris. Il aurait également joué le rôle d'intermédiaire entre Coulibaly et les différents accusés qui l'ont fourni en munitions et l'ont aidé à se cacher après les faits. Il est accusé "d'association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Saïd Makhlouf

Ami d'Amar Ramdani qui lui a présenté Amedy Coulibaly, il a participé à la recherche d'armes pour ce dernier. Son ADN a été retrouvé sur un taser utilisé dans l'Hyper Cacher où s'est déroulée la prise d'otages puis la tuerie. Il est accusé "d'association de malfaiteurs".

Mohamed Fares

Proche d'Amar Ramdani et de Saïd Makhlouf, il les aurait rencontrés en banlieue lilloise pour s'octroyer des armes. Il a été dénoncé par un courrier anonyme fin 2017 et son ADN a été retrouvé sur deux armes utilisées par Amedy Coulibaly. Il est accusé "d'association de malfaiteurs".

Abdelaziz Abbad

Habitant de Charleville-Mézières (Ardennes) et proche des épouses des frères Kouachi, il est accusé avec Miguel Martinez d'avoir fourni les terroristes en armes. Il est poursuivi pour "'association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Miguel Martinez

Habitant de Charleville-Mézières (Ardennes) et proche des épouses des frères Kouachi, il est accusé avec Abdelaziz Abbad d'avoir fourni les terroristes en armes. Il est poursuivi pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Metin Karasular

Metin Karasular, qui est d’origine kurde, est né en Turquie en 1970. Il est très défavorablement connu des services de police pour drogue, armes et jeu. Propriétaire d'un garage à Charleroi, il est soupçonné d'avoir fourni Coulibaly en armes, munitions et détonateurs qui ont ensuite été transportés à Paris par Ali Riza Polat. Il a également acheté une des voitures que Coulibaly et Hayat Boumeddiene utilisaient dans leurs fraudes à la consommation.

Michel Catino

Ami d'enfance de Metin Karasular, il aurait transporté plusieurs armes entre la Belgique et la France de 2014 à 2015, dont certaines ont servi aux tueries de janvier 2015. Selon des proches, Catino exécutait les basses œuvres de Karasular.

Willy Prevost

Ami d'enfance d'Amedy Coulibaly, il aurait fourni celui-ci en armes à feu et armes blanches, en gilets tactiques et en aide logistique, entre autres. Son ADN a été retrouvé dans la voiture utilisée par Coulibaly pour se rendre à l'Hyper Cacher où se déroulera la tuerie du 9 novembre 2015.

Christophe Raumel

Ami de Willy Prevost, il l'aidera à acheter les armes et le matériel fournis à Coulibaly pour ses deux tueries, à Montrouge et à l'Hyper Cacher. Il est le seul à ne pas être poursuivi avec une qualification terroriste. Il est accusé "d'association de malfaiteurs" et comparait libre.