Jeudi, le site Loopsider a dévoilé la vidéo du passage à tabac, par la police parisienne, d'un producteur de musique du 17e arrondissement de la capitale. Les images, d'une violence impressionnante, montrent trois agents de police en train de frapper à plusieurs dizaines de reprise l'homme dénommé Michel, alors qu'il se trouve dans l'entrée de son studio de musique. Interpellé initialement parce qu'il ne portait pas de masque, le producteur va subir les coups des policiers pendant de longues minutes, le tout ayant été filmé par les caméras de surveillance du studio. Neuf jeunes artistes qui se trouvaient dans les mêmes locaux ont également été pris à partie par les forces de l'ordre.

Ce vendredi, Loopsider, à qui Michel avait commenté les faits, a publié de nouvelles images de l'agression, enregistrées par un habitant du quartier. Le voisin en question a filmé la scène de l'extérieur, depuis son balcon. On y voit les policiers, les trois premiers impliqués et d'autres agents appelés en renfort, tirer Michel hors des studios, et le frapper à nouveau. L'un d'eux se déchaîne particulièrement à coups de poing sur la victime, maintenue au sol par six agents et criant de douleur. "Aujourd'hui, avec du recul, quand on voit la manière dont ça s'est passé, oui effectivement ils auraient pu le tuer. Ils auraient pu le tuer", témoigne d'ailleurs l'auteur des images dans la vidéo.

Autour de lui, les neuf jeunes artistes sont également violemment extirpés des locaux par les policiers. "Pourquoi vous me frappez? Je n'ai rien fait du tout", peut-on encore entendre sur les images.

Les vidéos de l'agression de Michel, qui a passé 48h en garde à vue après les faits, ont fait grand bruit, surtout en France. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a directement condamné les faits, se réjouissant que l'IGPN (Inspection générale de la Police nationale) ait été saisie pour une enquête sur les policiers impliqués, dont les trois premiers arrivés sur les lieux ont été suspendus. Après avoir rencontré Emmanuel Macron jeudi soir, M. Darmanin a annoncé qu'il demandait la révocation des agents de police concernés. Le président français s'est dit "très choqué" par les images de ce passage à tabac.

Les policiers mis en cause ont été placés en garde à vue.