"Les investigations ont pu confirmer qu'il s'agissait bien d'un compte appartenant à l'auteur des faits", a déclaré Jean-François Ricard lors d'une conférence de presse au tribunal de Paris.

La première exploitation du téléphone de l'assaillant, trouvé à proximité de son corps, "a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12H17 ainsi que la photographie de la victime décédée horodatée à 16H57", a-t-il ajouté.

Abdoullakh A., "né le 12 mars 2002 à Moscou en Russie" et qui bénéficiait du statut de réfugié, a été abattu par des policiers alors qu'il "courait dans leur direction en tirant à cinq reprises avec une arme de poing", a expliqué le procureur.

Selon son récit, trois policiers ont riposté, entraînant la chute de l'assaillant. "Alors qu'il tentait de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers, il était neutralisé par les forces de l'ordre", a-t-il raconté, indiquant que son corps présentait "neuf impacts" de balle.

Les policiers ont retrouvé sur lui "un couteau de type poignard, une arme de poing de type Airsoft et cinq cartouches de gaz compatibles avec cette arme".

Par ailleurs, "un second couteau d'une longueur totale de 35 centimètres, ensanglanté, était découvert à une trentaine de mètres du lieu du crime", a indiqué M. Ricard.

L'agresseur, qui habitait à Evreux (Eure) et avait un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu'en mars 2030, "était inconnu des services de renseignements sur un plan judiciaire". "Il n'a jamais été condamné tout en étant connu pour des affaires de dégradation de biens publics et de violences en réunion, alors qu'il était encore mineur", a précisé le procureur.

10 gardes à vue

Dix personnes étaient en garde à vue samedi, dont les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Evreux (Eure).

Sont également en garde à vue, le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant. Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes. L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé la fille de ce parent d'élève dans une vidéo, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000, ainsi que sa compagne, le sont également.

M. Ricard a souligné que le père de l'élève avait une demi-soeur qui était partie en 2014 rejoindre l'organisation Etat islamique en Syrie et faisait l'objet d'un mandat de recherche, mais le procureur n'a fait publiquement aucun lien entre ce père de famille, son entourage et l'assaillant.

Enfin, trois personnes ayant été en contact avec l'agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, sont aussi en garde à vue.