Le leader catalan destitué Carles Puigdemont serait à Bruxelles, momentanément, pour une réunion avec des "dirigeants flamands", El Periodico. Ce journal espagnol confirme en outre une information de la chaîne La Sexta, qui affirme que Carles Puigdemont et cinq ex-conseillers de son gouvernement vont demander l'asile politique en Belgique. Les ex-conseillers concernés sont Meritxell Borràs (PDECat, santé), Toni Comín (ERC, intérieur), Joaquim Forn (PDECat, travail et affaires sociales) et Dolors Bassa (ERC). Le nom du dernier demeure inconnu. L'avocat Paul Bekaert a, quant à lui, confirmé avoir été approché par Puigdemont lundi après-midi pour en Belgique pour devenir son conseiller.

Ils auraient voyagé depuis Barcelone jusqu'à Marseille en voiture d'où ils auraient pris l'avion jusqu'à Bruxelles.

L'agence Belga ajoute que la réception privée a été organisée par la N-VA. Mais le parti réfute cela. "Si Puigdemont est à Bruxelles, ce n'est certainement pas à l'invitation de la N-VA", a indiqué Joachim Pohlmann, porte-parole de la formation nationaliste. Le ministre de l'intérieur, Jan Jambon (N-VA), n'"est pas au courant" de la venue en Belgique du président catalan destitué Carles Puigdemont, a affirmé lundi après-midi son porte-parole.

Il a également assuré que M. Jambon n'avait au cours des derniers jours eu "aucun contact avec Puigdemont".

Du côté du cabinet du Premier ministre Charles Michel, l'on se refuse à tout commentaire.

Au sein du gouvernement espagnol, on assure ne pas être inquiet de ce voyage de Carles Puigdemont. Pour Fernando Martínez-Maillo, secrétaire général du PP de Mariano Rajoy, cet acte est "un signe de désespoir absolu".

Vendredi, quelques heures après la proclamation d'indépendance votée au parlement catalan, le gouvernement espagnol a mis la région sous tutelle, au titre de l'article 155 de la Constitution, jamais utilisé jusqu'alors. Mariano Rajoy a dissous le parlement et convoqué des élections pour le 21 décembre. Il a destitué Carles Puigdemont et son équipe et la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a été désignée pour diriger la Catalogne.

Carles Puigdemont avait appelé samedi ses partisans à s'opposer pacifiquement. "Puigdemont est et restera le président" de la Catalogne, a renchéri le vice-président destitué Oriol Junqueras, dans une tribune publiée dimanche. Mais il n'a officiellement plus de pouvoirs, plus de signature, plus de fonds à distribuer.

Suite à ces décisions du gouvernement espagnol, Theo Francken avait a signalé que Carles Puigdemont pourrait faire une demande d'asile politique à la Belgique. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration s'est également demandé si M. Puigdemont - qui risque des poursuites pour "désobéissance" et malversation de fonds" pour avoir convoqué le référendum interdit du 1er octobre sur l'indépendance de la Catalogne, voire des poursuites pour "rébellion" - pourrait être assuré d'un procès équitable en Espagne.