Un vendredi sur deux, les clients d'Helmut Lang, 63 ans, viennent à l'agence pour récupérer leurs commandes de truites ou d'ombles conditionnées sous vide, qu'ils peuvent accompagner d'une bouteille de vin allemand.

"Nous vendons plus de 200 poissons à chaque fois, le bénéfice couvre même notre loyer", se félicite le voyagiste. Au mois de novembre, 500 bouteilles sont également parties avec le poisson.

L'idée est venue par hasard à Helmut Lang et à son associé Hans Götschl, qui gère une autre agence à Munich. Au printemps dernier, ils parlaient de leurs difficultés économiques à un ami pêcheur du lac de Tegernsee, situé au sud de la capitale bavaroise.

"Avec son bon accent bavarois, il nous a dit +si vous ne pouvez pas vendre de voyages, vous n'avez qu'à vendre mon poisson+", se souvient Helmut Lang.

Quelques jours plus tard, les associés partaient récupérer le poisson à Tegernsee, l'écoulaient dans leurs agences respectives, à Gröbenzell, moins de 4.000 habitants, et à Munich, troisième ville d'Allemagne.

Depuis, l'entreprise s'est professionnalisée. Les clients passent leur commande en ligne et le poisson fumé vient toujours de Tegernsee, dans des boîtes réfrigérées.

Rosina, fidèle de l'agence de Gröbenzell, ne rate pas une commande. "Du poisson comme ça, on n'en trouve pas en magasin", assure la cliente, qui fait aussi cela "pour soutenir l'agence de voyage".

La pandémie a mis le secteur du tourisme à genoux et les deux associés ne tirent quasiment plus de revenus de leur activité, réduite à la vente de quelques séjours aux Canaries.

Si les commerces non alimentaires sont de nouveau menacés de fermeture en Allemagne devant les chiffres inquiétants de contaminations au Covid-19, le poisson et le bon vin aident Helmut Lang à rester optimiste.

"Si tout va bien, nous allons créer une nouvelle entreprise le 1er janvier", annonce-t-il avec fierté. Le but : continuer à vendre poisson et vin tout en proposant des voyages gastronomiques à la fin de la pandémie.