La nageuse d’endurance a fait deux allers-retours entre Douvres et le cap Gris-Nez, passant 54 heures dans l’eau.

Une Américaine, survivante d’un cancer du sein, est devenue cette semaine la première personne à avoir traversé la Manche à la nage quatre fois d’affilée, une performance qui a duré 54 heures. Sarah Thomas, 37 ans, originaire du Colorado, est arrivée mardi à Douvres, dans le sud de l’Angleterre, sous les applaudissements d’un petit groupe de personnes. "Je me sens un peu malade", l’entend-on dire sur une vidéo publiée sur Facebook.

La nageuse d’endurance a fait deux allers-retours entre Douvres et le cap Gris-Nez, dans le nord de la France. Avant de se lancer dans cette aventure sportive, Sarah Thomas avait dédié, sur Facebook, son exploit "à tous les survivants". "C’est pour ceux d’entre nous qui ont prié pour nos vies, qui se sont demandé avec désespoir ce qui allait se passer, qui ont bataillé, dans la douleur et la peur, pour vaincre." Son propre traitement contre le cancer s’est achevé il y a un an.

À son arrivée à Douvres, elle a confié d’une voix rauque se sentir "assommée" et "engourdie", ajoutant que l’eau salée avait brûlé sa gorge. Elle a également été piquée au visage par une méduse. Elle a remercié son équipe d’assistance, qui l’a alimentée avec des boissons riches en électrolytes et un peu de caféine. La boisson était "attachée à une corde, et on attirait l’attention (de Sarah) toutes les 30 minutes pour la lui jeter", a expliqué sa mère.

Le nageur d’endurance Lewis Pugh a salué sur Twitter une performance "extraordinaire, géniale et surhumaine". "Juste au moment où nous pensons avoir atteint la limite de l’endurance humaine, quelqu’un bat les records", s’est-il réjoui.

Avant l’exploit dans la Manche, Sarah Thomas avait déjà nagé près de 167 km, pendant 67 heures, dans le lac Champlain (nord-est de États-Unis) en 2017. Elle pensait alors être "au sommet de ses accomplissements et de ses réussites sportives". "Je pensais que je pouvais vraiment faire tout ce que j’avais en tête. Je planifiais l’avenir… Puis on m’a diagnostiqué un cancer", a-t-elle témoigné dans un documentaire à son sujet, intitulé The Other Side (L’autre côté).

"Le cancer insuffle une peur qui ne s’en va jamais", confie-t-elle. Mais le projet de traverser quatre fois la Manche l’a fait garder le cap dans son combat contre la maladie. "C’était très important pour moi d’avoir un objectif et des rêves au-delà du cancer."

Un rêve qui remonte à l’enfance, raconte c ette battante, bercée par tous ces "gens qui disaient que nager dans la Manche (était) aussi dur que de grimper l’Everest".