Le Luxembourg est, à son grand dam, inscrit depuis plusieurs jours par les Affaires étrangères belges en code orange, ce qui signifie que les voyages y sont possibles sous condition d'une vigilance accrue et font l'objet d'une recommandation de quarantaine et de dépistage à leur retour, sans obligation toutefois.

"Le Luxembourg suit les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de contrôler, contrôler et contrôler", avait souligné M. Bettel vendredi. "On ne peut pas ensuite pénaliser les pays qui le font ; si on contrôle beaucoup, c'est normal qu'on trouve beaucoup de tests positifs", avait-il ajouté. A ses yeux, le Luxembourg "se trouve aujourd'hui exclu de certains pays tout simplement en faisant son boulot."

Mais ce faisant, le chef du gouvernement grand-ducal ne visait plus spécifiquement la Belgique. Mme Wilmès avait déjà eu un contact avec lui avant le sommet, et elle l'aurait rassuré en lui confirmant que les autorités belges prendraient en considération le testing dans leur évaluation, a-t-on appris à bonne source. Evoquant le sujet devant d'autres collègues européens, M. Bettel aurait même souligné positivement l'attitude de la Belgique.


Faut-il voir une allusion à cette décrispation entre voisins dans la couleur orange de la sauce samouraï - typiquement belge - choisie par M. Bettel pour agrémenter ses frites ? Plus prosaïquement, certains relevaient plutôt l'absence, parmi ces membres du Benelux qui s'affichent volontiers ensemble, du ministre-président néerlandais Mark Rutte, leader des pays dits "frugaux" sur lesquels se concentrait une partie du blocage des négociations budgétaires. Pendant que M. Bettel et Mme Wilmès dégustaient une frite, rejoints par les dirigeants de Malte et de l'Estonie, qui sait ce que mangeaient les "frugaux"?