Dans la nuit de vendredi à samedi le son de la techno qui retentissait depuis jeudi soir dans deux hangars transformés en boîte de nuit sauvage, s'est tu. Au petit matin, dès 05h30 selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine, les premiers fêtards ont commencé doucement à quitter ce petit hameau de la campagne bretonne.

"A 10H15 ce 2 janvier le site est sous contrôle des forces de l'ordre", a tweeté la préfecture. Selon un tweet du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin "Plus de 1.200 verbalisations" ont été effectuées et "Camion, matériel de sons et générateurs ont été saisis dans le lieu de la #raveparty illégale".

Plus de 800 verbalisations ont été dressées au titre des infractions Covid, pour non respect du couvre-feu, non port du masque et participation illicite à un rassemblement, a détaillé Emmanuel Berthier, préfet d'Ille-et-Vilaine et de Bretagne, lors d'une conférence de presse samedi matin à Lohéac, près de Lieuron.

Il a aussi précisé que plusieurs centaines d'amendes délictuelles ont été dressées pour usage de stupéfiant et que 400 personnes faisaient encore l'objet de contrôles au moment de la conférence de presse.

Les forces de l'ordre, positionnées depuis jeudi soir sur les axes d'accès au site, procédaient samedi matin au contrôle systématique de tous ceux qui sortaient du périmètre, à pied ou en voiture. Les personnes contrôlées étaient notamment interrogées sur la prise de stupéfiants, et leur sensibilité oculaire vérifiée à l'aide d'une lampe, a constaté un photographe de l'AFP. Des contrôles qui peuvent durer une dizaine de minutes.

Enquête ouverte

Des renforts de gendarmerie étaient arrivés sur place samedi matin. En nombre, les gendarmes ont resserré peu à peu le dispositif autour du lieu de la fête, a constaté un photographe de l'AFP. Arrivés dans les hangars les forces de l'ordre ont réveillé les derniers teufeurs et les ont regroupé pour les contrôler, le tout dans le calme.

L'Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne rappelle samedi dans un communiqué que ce rassemblement "présente un très fort risque de diffusion de la Covid-19" et invite les fêtards à "observer sans délai un isolement à domicile strict de sept jours" mais aussi à se faire dépister dans sept jours ou encore à rester isolé en l'attente des résultats.

La préfecture précise samedi dans un tweet qu'un "centre de tests antigéniques #Covid est mis en place devant le gymnase de Lieuron". "Ils ont mis leur vie en danger, leur santé, il faut maintenant que ces personnes préservent leur entourage", a expliqué le préfet, expliquant qu'était venu le temps de la "phase d'une responsabilité retrouvée"

Les organisateurs, qui sont toujours recherchés, avaient mis en place "une organisation extrêmement fugace, avec des points de chute nombreux", a expliqué lors de la conférence de presse le général commandant la région de gendarmerie de Bretagne, Pierre Sauvegrain.

Jeudi soir, les gendarmes avaient tenté en vain "d'empêcher cette installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux teufeurs", avait expliqué la préfecture d'Ille-et-Vilaine vendredi.

Lors de ces affrontements "un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères", selon cette même source.

Faute de pouvoir empêcher la tenue de cette fête sauvage, la préfecture avait déployé les gendarmes aux abords de la fête. Des secouristes étaient venus sur place pour distribuer gel et masques "afin de limiter les risques de propagation du virus au sein du rassemblement" interdit par arrêté préfectoral.

Côté judiciaire une enquête a été ouverte pour "organisation illicite d'un rassemblement festif à caractère musical", "violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique", "dégradation du bien d'autrui en réunion" ou encore "travail dissimulé", "tenue illicite d'un débit de boissons" et "infractions à la législation sur les stupéfiants et notamment la facilitation de l'usage".