"Au Conseil européen de la fin de ce mois, le dossier sera le dossier turc", a indiqué Jean-Yves Le Drian sur France Inter. "Nous avons préparé ce dossier turc il y a quelques jours, entre ministres des Affaires étrangères à Berlin, pour énumérer la panoplie des représailles que nous pourrions engager à l'égard de la Turquie".

Plusieurs pays de l'Union européenne, la France en tête, connaissent de vives tensions avec la Turquie notamment sur le dossier libyen, les questions migratoires ainsi que la sécurité et les réserves de gaz en Méditerranée orientale, où Ankara est accusé de mener une politique expansioniste.

"Nous disons à la Turquie: entre maintenant et le Conseil européen, faites preuve de capacité de discussion d'abord sur la Méditerranée orientale", a expliqué le chef de la diplomatie française. "C'est aux Turcs de faire en sorte que cette question (...) puisse faire l'objet d'une discussion (...). C'est possible !", a-t-il ajouté. "A ce moment là, on rentre dans un cercle vertueux sur l'ensemble des problèmes posés".

La situation est devenue particulièrement volatile dans la région après un mois d'escalade, déclenchée le 10 août par le déploiement d'un navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par Athènes.

Dans un signe de soutien à son partenaire grec au sein de l'UE, la France a renforcé fin août sa présence militaire en Méditerranée orientale. Et depuis des mois, les deux capitales échangent les invectives.

M. Le Drian a refusé de préciser la nature de ces éventuelles sanctions. "Il y a toute une série de mesures qui peuvent être prises. On n'est pas démuni du tout et il (le président turc Recep Tayyip Erdogan, ndlr) le sait très bien", a-t-il martelé.

Mais il a évoqué en creux une batterie de sanctions économiques, accusant M. Erdogan de créer "un état d'esprit islamo-nationaliste" destiné à "cacher la vérité de la situation économique" en Turquie.

Le Conseil européen, qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, se tiendra les 24 et 25 septembre.

© AFP