Le conseil d'administration, qui comprend des représentants des Etats membres de l'UE et deux membres de l'exécutif européen, a examiné pendant deux jours lors d'une réunion en ligne un rapport interne sur des allégations selon lesquelles des garde-côtes de Frontex ont été impliqués dans des refoulements de migrants des eaux de l'Union européenne vers la Turquie.

Le conseil a souligné que "sur la base des informations fournies", il n'avait "pas pu établir de preuves de violations des droits fondamentaux".

Il a toutefois précisé que ses conclusions concernaient certains incidents et que des clarifications supplémentaires étaient nécessaires pour achever l'examen des faits.

Il a également déploré que l'agence n'ait pas fourni à temps des informations sur certains incidents, et demandé au directeur exécutif de Frontex, le Français Fabrice Leggeri, de "fournir immédiatement les informations manquantes".

L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été pointée du doigt en octobre dans une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel, l'accusant d'être impliquée avec les garde-côtes grecs dans des incidents de refoulement de bateaux de demandeurs d'asile de Grèce vers la Turquie.

L'office européen de lutte antifraude Olaf a confirmé en janvier avoir ouvert une enquête concernant Frontex. Selon der Spiegel, l'Olaf a effectué début décembre une perquisition au siège de l'agence à Varsovie, notamment dans les bureaux de M. Leggeri. Plusieurs députés du parlement européen ont réclamé la démission de M. Leggeri, mais Frontex a indiqué mercredi qu'il n'avait pas l'intention de démissionner.

Jeudi, M. Leggeri s'est félicité dans un tweet que "jusqu'à présent le groupe de travail (mis en place par le conseil d'administration) n'ait pas trouvé de preuve d'une quelconque implication dans les refoulements supposés".

Agence créée en 2004, Frontex prévoit de disposer d'un effectif permanent de 10.000 garde-frontières et garde-côtes à l'horizon 2027.