Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont retrouvés lundi au fort de Brégançon (Var), à quelques jours du G7.

Dans leurs discussions, il a notamment été question des mouvements de contestation qui touchent à la fois la France et la Russie. Epinglé pour les manifestations réprimées dans son pays, Poutine a réagi en évoquant les "gilets jaunes", ce à quoi Macron lui a répondu. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que les mots du président français n'ont pas été bien traduits ou rapportés.

En effet, Macron aurait déclaré, selon ce qui est traduit sur le site du Kremlin: “Comme vous le savez, ces personnes qui voulaient présenter leurs candidatures pendant la campagne électorale européenne étaient incapables de le faire et d’agir librement sans obstacles.” En réalité, le président français a dit: “En France je le dis ici clairement, et c’est pour cela que comparaison ne vaut pas raison, ceux qui ont manifesté se sont présentés librement aux élections. Ceux qu’on appelle les gilets jaunes sont allés librement aux élections européennes et iront aux municipales.”

Outre cette traduction tronquée, deux phrases de Macron durant la conférence et ayant trait à la liberté n'ont pas été reprises (volontairement) dans le communiqué officiel du Kremlin. “Je souhaite qu’ils (les gilets jaunes, ndlr) s’expriment librement aux élections parce que cela réduit la conflictualité. Parce qu’on est un pays où les gens peuvent s’exprimer librement, manifester librement.” Finalement, vu que la polémique grandissait, les autorités russes ont rectifié le tir et procédé à une mise à jour sur leur site ce mercredi.


Une autre erreur de traduction a été signalée, cette fois lorsque Poutine a pris la parole. En direct, l'interprète traduit les propos du président russe comme ceci: "Pendant les manifs des 'gilets jaunes', il y avait plusieurs dizaines de personnes qui ont été blessées. Il y avait aussi des policiers qui ont été blessés". Mais un interprète interrogé par France 2 estime que la traduction a été tronquée et que Poutine aurait en réalité été plus précis. "Il a donné le chiffre. Il a dit 'il y a eu 11 morts. 2 500 blessés, dont 2 000 policiers'" explique ainsi l'expert. Si, sur Twitter, les internautes y voient le rôle joué par "une traductrice employée par le gouvernement français", les autorités russes ont démenti, assurant qu'il s'agissait bien d'une "employée du ministère russe des Affaires étrangères".