Au lendemain du deuxième tour des municipales, le président français a accordé un entretien exclusif à la presse régionale dans lequel il aborde le "nouveau chemin" qu'il veut emprunter.

"La rentrée sera difficile, il faut nous y préparer", précise d'emblée Emmanuel Macron, après trois mois de "guerre" contre le coronavirus. 

"Il faut dessiner un nouveau chemin. Je le vois autour de la reconstruction économique, sociale, environnementale et culturelle du pays. Elle commence par le Ségur de la santé, elle se poursuivra par un chantier sur le grand âge, puis sur l’accompagnement de notre jeunesse, qui a le plus souffert de la crise. C’est à elle que nous avons demandé le plus de sacrifices. 700.000 ou 900.000 jeunes qui entreront sur le marché du travail à la rentrée. Ce sont ceux qui verront des guichets fermés."

La réforme des retraites

Concrètement, le chef d'Etat compte bien remettre la réforme des retraites sur le tapis. "Mettre cette réforme à la poubelle serait une erreur", explique-t-il dans l'entretien. "Nous avons tous vu dans cette crise ce qu'on appelle 'la deuxième ligne', ces Françaises et Français engagés dans des petits emplois précaires. Les livreurs, les caissières… Cette France-là est perdante dans le système actuel [...]. Je demanderai au gouvernement de réengager rapidement une concertation en profondeur, dans un dialogue de responsabilité associant les partenaires sociaux dès l’été sur le volet des équilibres financiers. Il faut que tout cela soit mis sur la table. Il n’y aura pas d’abandon d’une réforme des retraites. Je suis ouvert à ce qu’elle soit transformée."

Conscient que cette réforme ne plaît pas à tout le monde, le président français a reconnu une part de "maladresse". "J’ai parfois considéré qu’il fallait aller vite sur certaines réformes. Ça ne peut marcher que par le dialogue. J’ai beaucoup d’ambition pour notre pays et j’ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens."

Le maintien d'Edouard Philippe

Alors que la presse française évoque avec insistance le possible départ d'Edouard Philippe, le président français n'a pas tenu à trancher la question dans l'entretien, se contentant de louer le "travail remarquable" du Premier ministre. "J’aurai à faire des choix pour conduire le nouveau chemin", a-t-il toutefois précisé. "Ce sont de nouveaux objectifs d’indépendance, de reconstruction, de réconciliation et de nouvelles méthodes à mettre en œuvre. Derrière, il y aura une nouvelle équipe."