La France est "favorable" à la réouverture des frontières intérieures de l'Europe à compter du 15 juin, "sans quatorzaine" pour les voyageurs, a annoncé jeudi le Premier ministre Edouard Philippe.

Nous appliquerons la réciprocité" si jamais certains pays imposaient des quatorzaines aux Français, a-t-il toutefois déclaré.

Pour les frontières extérieures de l'Europe, "la décision sera prise collectivement avec l'ensemble des pays européens, à l'horizon du 15 juin", a-t-il ajouté en présentant la deuxième phase du déconfinement. "Ça n'a pas de sens de le faire pays européen par pays européen, il faut le faire collectivement et appliquer cette règle collectivement", a insisté le Premier ministre.

Pour les frontières extérieures de l'UE, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a évoqué jeudi une éventuelle réouverture "avec un léger décalage, peut-être le 1er juillet" assortie "d'une liste européenne de pays d'attention qui feraient l'objet de mesures spécifiques aux frontières de l'espace européen".

Pour l'espace européen, "à partir du 15 juin, nous souhaitons que la circulation entre la France et l'Allemagne puisse revenir totalement à la normale", a ajouté M. Castaner, auditionné par l'Assemblée parlementaire franco-allemande, avec son homologue Horts Seehofer.

Edouard Philippe a expliqué que "certains pays" européens "ont choisi avant d'autres de rouvrir leurs frontières" internes, mais "nous prenons nos décisions à notre rythme et nous avons considéré que le bon moment pour qu'on puisse accéder à notre territoire national, ce sera le 15 juin".

"On a encore beaucoup de travail sur ces questions", mais "il me semble important de dire à nos concitoyens quelle est la perspective. La perspective, c'est le 15 juin, ça n'est pas le 2 juin et dans les conditions qu'on aura l'occasion de préciser", a conclu le Premier ministre.

Dans la majorité, plusieurs députés élus dans des circonscriptions des Français de l'étranger avaient appelé à lever les restrictions aux frontières internes de l'Europe.

"La fermeture des frontières en Europe ne peut pas devenir la nouvelle norme chaque fois qu'il y a une crise", écrivaient-ils au ministre de l'Intérieur le 9 mai.