Le président roumain Klaus Iohannis a annoncé jeudi avoir confié la tâche de former un nouveau gouvernement au Premier ministre libéral Ludovic Orban, renversé la veille par une motion de censure de l'opposition de gauche.

"Je charge M. Orban de former un nouveau gouvernement et de se rendre au parlement" pour demander un vote de confiance, a annoncé M. Iohannis à l'issue de consultations avec les partis parlementaires.

En renommant le même Premier ministre, le président de centre droit espère augmenter ses chances de provoquer des élections anticipées car il espère qu'un scrutin renversera le rapport des forces au parlement où les socialistes sont majoritaires.

"Nous avons d'une part un gouvernement libéral (déchu, ndlr) avec un agenda réformiste et, de l'autre, un parti social-démocrate (PSD) qui dispose toujours d'un grand nombre d'élus et qui s'oppose à tout changement", a expliqué le chef de l'Etat pour justifier sa préférence.

Le gouvernement du pro-européen Orban, 56 ans, en place depuis novembre, a été renversé mercredi par une motion de censure déposée par le PSD qui lui reprochait une modification de la législation électorale. Selon la constitution, il faudrait que les tentatives pour former un nouveau gouvernement échouent deux fois en l'espace de 60 jours pour que le président puisse dissoudre le parlement. C'est ce qu'espère le chef de l'Etat issu du même parti libéral (PNL) que M. Orban.

Crédités de 47% des intentions de vote, les libéraux sont également favorables à la tenue de législatives le plus tôt possible. M. Orban entend donc demander à son propre parti de ne pas lui accorder sa confiance lors du vote à venir au parlement.

Vainqueurs des dernières législatives de 2016 mais en nette perte de vitesse, les sociaux-démocrates sont pour leur part opposés à la tenue d'élections avant la fin de la mandature actuelle, en décembre. Ils menacent de saisir la Cour constitutionnelle pour empêcher le scénario voulu par M. Iohannis.