"Les chefs d'Etat et de gouvernement nous ont demandé lundi de proposer des sanctions sectorielles (...) Il y en a quelques-unes qui viennent tout de suite à l'esprit comme les exportations de potasse et le transit du gaz acheté à la Russie", a-t-il expliqué mercredi soir, à la veille d'une réunion informelle à Lisbonne des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne.

"La Biélorussie est un grand exportateur de potasse: 2,5 milliards de dollars. Tout passe par les pays baltes. C'est facile à contrôler, si on le veut vraiment", a-t-il souligné.

"On peut aussi imaginer que le gaz, qui arrive en Europe par la Biélorussie vienne toujours en Europe, mais en empruntant un autre gazoduc. La Biélorussie perdrait les droits de passage, ce qui n'est pas négligeable", a-t-il ajouté.

Un échange est prévu avec les ministres à Lisbonne, mais aucune décision n'est attendue lors de cette réunion, a-t-il précisé.

"Il est clair que nous ne voulons pas nous contenter de petites mesures mais que nous voulons imposer des sanctions sur l'appareil économique et les transactions à la Biélorussie de manière assez significative", a confirmé jeudi le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas à son arrivée à la réunion.

"Il est possible de frapper des secteurs de l'économie qui bénéficient au régime, mais il est trop tôt pour parler d'un consensus", a toutefois averti son homologue lituanien Gabrielius Landsbergis, partisan de sanctions dures.

Toute décision sur des sanctions nécessite l'unanimité des 27 pays membres de l'UE.

"Les Européens sont toujours hésitants pour les sanctions économiques, mais cette fois ci, il faut vraiment prendre des mesures dont M. Loukachenko sente le poids", a averti M. Borrell lors de cet entretien à l'AFP.

Ulcérés par le déroutement dimanche vers Minsk d'un avion de ligne afin d'arrêter un opposant au régime de Minsk, les dirigeants de l'UE ont décidé lundi d'interdire leur espace et leurs aéroports aux appareils biélorusses et recommandé aux compagnies aériennes de l'UE d'éviter son espace aérien.

Ils ont également demandé la mise en oeuvre d'un nouveau train de sanctions.