Elu de la région orientale de Thuringe, Mark Hauptmann, 36 ans, rejette toutefois ces accusations qui concernent des encarts publicitaires de l'Azerbaïdjan, de Taïwan et du Vietnam, publiés dans un quotidien de sa région dont il est le directeur de la publication.

"Je n'ai jamais reçu d'argent et cela n'a jamais influencé mon action politique", a-t-il assuré dans le quotidien Die Welt. "Bien-sûr on peut se demander si la publication de ces annonces était avisée d'un point de vue politique", a-t-il ajouté. Selon le site d'information Spiegel Online, Bakou a payé cet encart publicitaire dans un journal à la diffusion modeste plus de 16.000 euros.

"Ces annonces n'ont à aucun moment eu une influence sur mes décisions politiques, j'y tiens particulièrement", a-t-il encore souligné.

Mais un autre député de son parti, Axel Fischer, est accusé, lui, d'avoir touché de l'argent de l'Azerbaïdjan et a vu son immunité parlementaire levée et des perquisitions effectuées notamment dans son bureau.

Une troisième députée de la CDU et un autre ancien élu de la CSU sont déjà soupçonnés de corruption en lien avec l'Azerbaïdjan, ce pays du Caucase du Sud, riche en hydrocarbures, et dirigé d'une main de fer par Ilham Aliev.

Cette affaire vient s'ajouter à un autre scandale liée à la pandémie de Covid-19 qui ébranle depuis plusieurs jours le mouvement conservateur de la chancelière allemande. Un député de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti d'Angela Merkel, et un autre de son allié bavarois CSU sont soupçonnés d'avoir touché de rondelettes commissions en servant d'intermédiaire entre les autorités et des fabricants de masques médicaux.

Dans un pays très à cheval sur la morale et l'intégrité de ses élus, "l'affaire des masques" a poussé le groupe parlementaire CDU/CSU à sommer ses députés de déclarer d'ici la fin de la semaine d'éventuels avantages financiers perçus. Les deux élus mis en cause, Nikolas Löbel (CDU) et Georg Nüsslein, ont annoncé respectivement un retrait de la vie politique et un renoncement à une nouvelle candidature.

Le camp conservateur ne cache pas sa nervosité alors qu'il affronte en position difficile deux scrutins régionaux déterminants dimanche, à seulement six mois des élections législatives.