La proposition soumise mercredi par Boris Johnson pour permettre un départ négocié du Royaume-Uni de l'UE "comporte encore quelques points problématiques", a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker après un entretien téléphonique avec le Premier ministre britanique. M. Juncker a "reconnu les avancées positives, notamment en ce qui concerne l'alignement complet de la réglementation pour toutes les marchandises et le contrôle des marchandises en provenance de Grande-Bretagne qui entrent en Irlande du Nord", ont indiqué ses services.

Mais il a "également noté qu'il y a encore quelques points problématiques qui nécessiteront du travail supplémentaire dans les prochains jours, notamment en ce qui concerne la gouvernance du backstop (le filet de sécurité pour l'Irlande)", ajoute le communiqué.

"Nous devons disposer d'une solution juridiquement opérationnelle qui réponde à tous les objectifs du filet de sécurité: empêcher une frontière dure, préserver la coopération Nord-Sud et l'économie insulaire, et protéger le marché unique de l'UE et la place de l'Irlande dans celui-ci", a-t-il dit à Boris Johnson.

Jean-Claude Juncker va s'entretenir avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar et "écoutera attentivement son point de vue", précise le communqué.

Le négociateur de l'UE, Michel Barnier, va pour sa part informer et consulter le Parlement européen et les représentants des Etats membres.

"Des réunions entre les équipes de négociation de l'UE et du Royaume-Uni auront lieu à Bruxelles dans les prochains jours", précise le communiqué. Le conseiller de Boris Johnson, David Frost, est arrivé à Bruxelles mercredi où il a déjà eu une réunion de travail avec les collaborateurs de Michel Barnier.

L'offre de Londres n'est "pas complètement" conforme aux objectifs, selon Dublin

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a estimé mercredi que les propositions présentées plus tôt dans la journée par Boris Johnson à Bruxelles pour éviter un Brexit sans accord ne remplissaient "pas complètement" les objectifs au sujet de la frontière irlandaise.

Après s'être entretenu par téléphone avec son homologue britannique, le Premier ministre irlandais a estimé que ses propositions ne remplissent "pas complètement" les objectifs du dispositif décrié du précédent projet d'accord de Brexit censé éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, membre de l'Union européenne.

La réaction du Parlement européen sur l'offre de Johnson "pas positive"

La "première réaction" du Parlement européen à l'offre du gouvernement britannique sur le Brexit n'est "pas positive", a déclaré mercredi soir le député Guy Verhofstadt, qui préside le groupe chargé du divorce au sein de cette assemblée.

"Elle n'est pas positive" car "nous ne pensons pas" que cette proposition présente "les garanties nécessaires dont l'Irlande a besoin", a ajouté le responsable, après une réunion avec le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier.